Crise politique et économique : la CDS dénonce « deux fractures » provoquées par le Premier ministre

Lundi 11 Aout 2025

La Conférence des leaders de la Coalition pour la Démocratie et la Solidarité (CDS) tire la sonnette d’alarme sur la situation nationale, qu’elle juge « marquée par les attaques intempestives de certains membres du PASTEF, y compris le Président de ce parti, contre les Institutions dont le Président de la République » et par « la situation catastrophique des finances publiques ».

Réunie à Dakar le 10 août 2025, la CDS estime que « le Sénégal traverse une zone de turbulence » dans un contexte sahélien fragilisé par « les coups de boutoir, de plus en plus préoccupants et rapprochés, de groupes djihadistes ». Sur le plan intérieur, elle pointe « une morosité extrême due essentiellement à des décisions inopportunes, voire très peu réfléchies ».

Des choix économiques contestés
La coalition reproche au gouvernement d’avoir « décidé, sans tenir compte du rôle moteur du secteur du bâtiment, d’arrêter la quasi-totalité des chantiers du pays », ce qui aurait provoqué un arrêt d’activités connexes, une hausse du chômage et « plus de 30 000 déflatés que l’on a voulu remplacer par des militants du PASTEF ».
La CDS dénonce également « l’arrêt de la distribution de 30 milliards aux populations les plus démunies », soit la suspension des bourses de sécurité familiale touchant « plus de 300 000 Sénégalais » et semant « le désarroi au sein de populations particulièrement vulnérables ».

Sur le plan financier, la déclaration estime que « les nouveaux tenants du pouvoir » cherchent à « se défausser sur le pouvoir sortant » en l’accusant d’avoir caché une partie de la dette publique, ce qui aurait « renforcé la méfiance des milieux financiers » et conduit le FMI et les agences de notation à dégrader la position du Sénégal. « Perdant la confiance des marchés financiers internationaux », le pays aurait été contraint de recourir « aux fonds vautours, avec des taux usuriers », portant le ratio de dette à « 119 % du PIB national ».

Deux discours, deux fractures
La CDS affirme que « le Premier ministre a tenu deux discours qui ont provoqué deux grosses fractures en moins d’un mois ». Le premier, le 10 juillet 2025, aurait été « une véritable diatribe contre la magistrature », accusée de l’avoir débouté dans le procès qui l’opposait à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. « Le Président de la République fut en effet accusé de manquer d’autorité », poursuit la CDS, rappelant que le chef du gouvernement avait demandé au chef de l’État de le « laisser gouverner », « comme si c’est à lui que les Sénégalais avaient accordé leurs suffrages ».


La coalition condamne « fermement ces propos, source de fracture au sommet de l’État et de forfaiture démocratique » et met en garde contre le risque que « les thuriféraires du parti au pouvoir » transforment leurs divergences internes en « moyen de détricotage des acquis démocratiques du pays ». Elle rappelle que « c’est M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye qui a été élu Président de la République et personne d’autre ».

La deuxième fracture résiderait dans la présentation du « prétendu Plan de redressement économique et social » le 1er août 2025, perçu comme « un plan de redressement financier » basé sur « un projet de fiscalisation à outrance » susceptible « d’étouffer toute activité économique » et d’« élargir la fracture sociale ».

Face à ce constat, la CDS « appelle tous les démocrates, les partisans de l’État de droit et tous ceux soucieux de justice sociale, ainsi que les défenseurs des libertés individuelles et collectives, à faire bloc pour défendre la République et ses Institutions ». La coalition affirme s’engager à « renforcer les initiatives déjà prises à cet effet ».
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