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Coupures d’électricité : le MEJSM interpelle l’État et réclame « des actes » pour protéger les populations

Vendredi 25 Septembre 2026

Face aux perturbations de la fourniture d’électricité enregistrées depuis le début du mois de septembre, le Mouvement pour l’Engagement des Jeunes pour un Sénégal Meilleur (MEJSM), « Sénégal Suñu Momel », monte au créneau. Son président, Cheikh Omar Badji, demande davantage de transparence à la Senelec et au gouvernement, ainsi que des mesures urgentes en faveur des hôpitaux, des commerçants et des petits entrepreneurs affectés par les coupures.

« Le Sénégal ne peut pas rester dans le noir ». C’est par cette formule que le Mouvement pour l’Engagement des Jeunes pour un Sénégal Meilleur entend attirer l’attention des autorités sur les conséquences des coupures d’électricité.

Lors d’une déclaration à la presse tenue à Dakar, le 24 septembre 2026, son président, Cheikh Omar Badji, a tenu à préciser que la sortie de son mouvement ne visait ni à alimenter la polémique ni à mettre en cause les autorités sans fondement.

« Si nous sommes devant vous aujourd’hui, ce n’est pas pour faire du bruit. Ce n’est pas pour accuser sans preuve. Ce n’est pas pour créer la peur. Nous sommes ici parce que le silence n’est plus possible », a-t-il déclaré.

Le mouvement dit vouloir porter la voix des Sénégalais confrontés aux perturbations de la fourniture d’électricité depuis le 6 septembre, dans un contexte marqué par de fortes chaleurs.

« Des familles qui suffoquent. Des enfants qui ne peuvent pas étudier normalement. Des travailleurs dont l’activité est paralysée. Des commerçants qui voient leurs marchandises se détériorer. Des entrepreneurs qui ont investi leurs économies, parfois emprunté, et qui font face à des pertes qu’ils n’avaient pas prévues », a énuméré Cheikh Omar Badji.



Le président du MEJSM est également revenu sur les explications fournies par la direction générale de la Senelec. Selon le mouvement, celle-ci a notamment évoqué des pannes affectant deux équipements importants du parc de production, des difficultés d’approvisionnement en combustible ainsi que des contraintes de trésorerie.

Cheikh Omar Badji dit prendre acte de cette communication. « Nous saluons cette prise de parole et cette franchise », a-t-il affirmé.

Le mouvement salue également la baisse de 10 % du tarif appliqué, selon lui, depuis le 1er janvier 2026 à la première tranche de consommation. Mais pour le MEJSM, cette mesure ne suffit pas à répondre aux difficultés provoquées par les interruptions de service.

« Une baisse de tarif ne sert à rien si le courant ne passe pas. Et des excuses, aussi sincères soient-elles, ne rendent pas à un commerçant le stock qu’il a perdu », a lancé son président.

Selon les chiffres avancés par le mouvement, le déficit de production atteindrait environ 150 mégawatts, alors que la pointe de consommation aurait atteint 1 400 MW contre 1 250 MW prévus.

Le MEJSM s’interroge surtout sur les difficultés liées à l’approvisionnement en combustible. « Lorsque l’approvisionnement en combustible dépend de la trésorerie d’une entreprise publique, alors la question de l’électricité n’est plus seulement technique. Elle devient une question de finances publiques », estime Cheikh Omar Badji.

« Pensons aux commerçants »

Le mouvement attire particulièrement l’attention sur les conséquences économiques des coupures pour les petits commerces et les entreprises.

Cheikh Omar Badji cite notamment le cas d’une boulangerie située à Khar Yalla qui, selon lui, aurait dépensé 30 000 francs CFA en gazole en une seule journée afin de faire fonctionner son groupe électrogène.

« Trente mille francs qui ne sont pas allés dans les salaires, ni dans les stocks, ni dans l’investissement. C’est un exemple parmi des milliers », souligne-t-il.

Pour le président du MEJSM, les conséquences peuvent être lourdes : « Une coupure, ce n’est pas une gêne. C’est un stock perdu, des jours de travail perdus, une dette qui devient difficile à rembourser, et parfois un commerce qui ferme. »

Le mouvement demande ainsi aux pouvoirs publics de préciser les mesures envisagées pour accompagner les commerçants et les petits entrepreneurs ayant subi des pertes.

Les hôpitaux au cœur des préoccupations

Au-delà des conséquences économiques, le MEJSM alerte sur la situation des établissements sanitaires.

« Dans un hôpital, l’électricité n’est pas un confort », insiste Cheikh Omar Badji. Il rappelle que l’alimentation électrique conditionne le fonctionnement des blocs opératoires, des urgences, des équipements de réanimation, mais également des chaînes du froid utilisées pour conserver les vaccins, les produits sanguins et certains médicaments.

Le mouvement estime que la situation est encore plus préoccupante dans les structures sanitaires de l’intérieur du pays, souvent moins équipées pour faire face à des coupures prolongées.

« Aucune personne vulnérable ne doit payer de sa santé une défaillance du réseau électrique », prévient le président du MEJSM.

Six demandes adressées aux autorités

Face à la situation, « Sénégal Suñu Momel » formule six principales demandes. Le mouvement souhaite d’abord que les hôpitaux, centres de santé, services d’urgence et morgues bénéficient d’une alimentation électrique prioritaire et sécurisée, avec des dispositifs de secours régulièrement contrôlés.

Il réclame ensuite que la Senelec publie un calendrier permettant aux usagers de distinguer clairement les travaux programmés des délestages liés au déficit de production.

Le MEJSM souhaite également la mise à l’étude d’un mécanisme d’évaluation des pertes subies par les commerçants et les petits entrepreneurs, sur la base de critères transparents.

Le mouvement demande en outre la publication de « l’état réel du parc de production », notamment la capacité installée, la capacité effectivement disponible, les unités à l’arrêt et le calendrier prévu pour leur remise en service.

Cheikh Omar Badji réclame aussi des explications sur la sécurisation de l’approvisionnement en combustible et souhaite que les objectifs de baisse du prix de l’électricité soient accompagnés d’un calendrier et d’indicateurs permettant d'en suivre la réalisation.

« Et par-dessus tout, nous demandons de la transparence. Parce qu’un peuple qui ne comprend pas ce qui se passe finit par perdre confiance, et parce que la confiance est le premier bien public de notre pays », affirme-t-il.



Le MEJSM assure enfin que sa démarche n’est dirigée contre aucune autorité ni formation politique. « Notre combat n’est dirigé contre personne. Il est dirigé contre une situation qui fait souffrir nos concitoyens », précise Cheikh Omar Badji.

Il interpelle directement les pouvoirs publics : « Aux autorités, nous disons : écoutez, expliquez, protégez les plus vulnérables, sécurisez les infrastructures essentielles, accompagnez ceux qui subissent des pertes, et apportez des solutions durables. »

Tout en reconnaissant la colère provoquée par les coupures, le mouvement appelle les populations à privilégier les voies pacifiques et républicaines.

« La colère est légitime, mais elle doit s’exprimer dans le cadre républicain et pacifique qui a toujours fait l’honneur du Sénégal », souligne Cheikh Omar Badji, avant de conclure : « Le Sénégal ne demande pas l’impossible. Il demande que l’État soit au rendez-vous lorsque son peuple en a besoin. »

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