Dans sa chronique hebdomadaire, le journaliste Cheikh Yérim Seck, qui a fait ses débuts en Guinée en tant que juriste, a fait des révélations explosives sur la gestion du général Mamadi Doumbouya. Le journaliste accuse ce dernier de s’enrichir sur le dos des Guinéens, à qui il avait promis la fin de la corruption et de l’impunité lors de sa prise de pouvoir par les armes.
« Aux graves exactions contre les Guinéens, le régime mourant de Conakry ajoute l’activité criminelle du narcotrafic. Mamadi Doumbouya et Balla Samoura ont joint leurs forces pour orchestrer leur coup d’État de 2021 afin d’échapper à des poursuites de la DEA, le redoutable organisme américain de répression du trafic de drogue qui les avait dûment fichés », prévient le journaliste Cheikh Yérim Seck.
Dans ses révélations, le journaliste précise qu’en mi-mars dernier, un bateau bourré de cocaïne chargé au Venezuela était amarré sur les côtes guinéennes. « Un énième navire traité par ce régime, qui a confié le trafic à des proches du président : du protocole, son aide de camp, mais aussi Sidiki Camara, grand frère du secrétaire général à la présidence Amara Camara. Ce cartel a récemment liquidé l’un de ses redoutables concurrents, Sidiki Mara, qui a disparu après avoir été nuitamment convoqué à la présidence. Le régime de Mamadi Doumbouya est, de tous ceux qui se sont succédé depuis l’indépendance, le plus grand prédateur des deniers publics de la Guinée. »
Dans le bradage des ressources nationales, Cheikh Yérim Seck, dont la première épouse est originaire de la Guinée, cite Doumbouya et sa famille dans un vaste réseau : « Le président et ses proches vampirisent les ressources de l’État dans des proportions effarantes. Mamadi Doumbouya lui-même a planqué au Rwanda “un pognon de dingue” ainsi qu’une importante quantité de métaux précieux. Son appartement au palais Mohamed V et ses résidences privées abritent de gros coffres-forts bourrés de devises provenant des caisses de la Banque centrale et de commissions perçues sur de nombreux marchés publics », a-t-il révélé.
Il ajoute : « La sœur du président, Aïcha Doumbouya, et sa mère, Hadja Mandjoula Sylla, sont devenues des passages obligés pour les ministres et directeurs généraux désireux de conserver leur poste. Son neveu, Pape Doumbouya, surnommé le “bébé gâté” du président, est mêlé à tous les crimes financiers : trafic de drogue, blanchiment d’argent, trafic d’or, extorsion de fonds auprès de hauts fonctionnaires, attribution de marchés publics. Des millions de dollars ont été retrouvés au domicile privé d’Amara Camara, dont la liste des biens immobiliers à Conakry donne le vertige. »