Christa Pike confie ses souffrances : «Je m'étais préparée à mourir»

Vendredi 30 Octobre 2026

Un mois après son exécution manquée dans le Tennessee, Christa Pike, qui a survécu à deux injections censées être létales, a pris la parole dans un communiqué, vendredi 30 octobre. Cette femme, condamnée à mort aux États-Unis et dont le sort reste incertain, évoque ses souffrance physiques et psychiques « l'incompétence » de ceux qui l'ont mise « dans cette situation ».


L'histoire de Christa Pike a provoqué la controverse aux États-Unis, il y a un mois. Le 30 septembre 2026, après 30 années passées en prison pour avoir torturée et assassinée en femme en 1995, cette Américaine de 50 ans devait être mise à mort dans le Tennessee. Mais elle a survécu à deux injections de pentobarbital, un puissant barbiturique, rappelle notre correspondant à Washington, Vincent Souriau. Hospitalisée en urgence dans un état critique, Christa Pike avait finalement repris connaissance le 6 octobre, avant d'être ramenée en prison quelques jours plus tard.

Ce fiasco administratif et médical sans précédent fait toujours l'objet d'une enquête. Depuis, la prisonnière se remet doucement. Et dans un communiqué dicté à ses avocats, elle prend la parole pour la première fois, ce 30 octobre, un mois après ce qui aurait dû être son dernier jour.


« La douleur n'est pas seulement physique »
« Mon corps souffre. Mes bras, mes mains, ma gorge aussi », explique Christa Pike. « J'ai toujours du mal à parler. Et la douleur n'est pas seulement physique. Elle a touché mon esprit et mon âme », poursuit-elle Le 30 septembre, elle s'était « préparée à mourir » au moment d'entrer dans la chambre d'exécution. « J'avais fait la paix avec moi-même », insiste la condamnée.

Aujourd'hui, « je suis terriblement heurtée par l'incompétence qui nous a mis dans cette situation », fulmine Christa Pike qui, depuis sa mise à mort ratée, reste isolée dans le quartier médical de sa prison d'État du Tennessee, à l'écart des autres prisonniers. Un fardeau supplémentaire à ses yeux : « Je ne sais pas pourquoi j'ai survécu. Je ne sais pas ce qui m'attend. Mais je tiens à remercier tous ceux, connus ou inconnus, qui m'ont témoigné leur soutien. »

Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, martèle qu'à moins d'une décision de justice, la peine de mort qui pèse sur Christa Pike est toujours à l'ordre du jour – il n'a pas pris position quant à la demande des avocats de commuer sa peine en prison à perpétuité. Il a ordonné la suspension des exécutions dans l'État et une enquête indépendante, puis a accepté la démission du chef de l'administration pénitentiaire. Aucune femme n'a été exécutée dans le Tennessee depuis plus de 200 ans.
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