Cheikh Yérim Seck charge Robert Bourgi : « Je ne vais pas laisser le plus grand mercenaire de l’Afrique indépendante me traiter de mercenaire »

Jeudi 11 Juin 2026

Le journaliste et analyste politique guinéen Cheikh Yérim Seck a répondu avec virulence aux récentes déclarations de Robert Bourgi, dans une sortie au ton particulièrement offensif où il accuse le célèbre avocat franco-libanais d’être l’incarnation même des réseaux de la Françafrique et des compromissions avec les régimes autoritaires africains.


Dans un texte largement diffusé sur les réseaux sociaux, Cheikh Yérim Seck affirme avoir été stupéfait d’entendre Robert Bourgi le qualifier de « mercenaire ». « Je l'avoue d'emblée : j'ai sursauté lorsque j'ai entendu Robert Bourgi me traiter de... mercenaire ! », écrit-il, avant de dénoncer ce qu’il considère comme une inversion des rôles. Selon lui, celui qui l’accuse aujourd’hui a bâti sa réputation au cœur des réseaux d’influence qui ont longtemps marqué les relations entre la France et plusieurs dirigeants africains.

L’analyste guinéen va plus loin en accusant Robert Bourgi d’avoir récemment bénéficié d’avantages financiers en provenance du pouvoir guinéen. « Je m'attendais à ce que cet éternel prostitué des dictatures africaines justifie les 300 000 euros que Mamadi Doumbouya lui a remis à l'issue de leur audience du 8 mai 2026 à Conakry », affirme-t-il.

Cheikh Yérim Seck soutient que l’avocat aurait été introduit auprès du président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, par le patron de médias Lamine Guirassy. Il critique notamment une vidéo dans laquelle Robert Bourgi aurait établi un parallèle entre Mamadi Doumbouya et certaines figures historiques des indépendances africaines.

« Cette première sortie a fait flop, déclenchant un flot de réactions indignées », affirme-t-il.

Dans sa déclaration, Cheikh Yérim Seck estime que les attaques dirigées contre lui s’inscrivent dans une stratégie plus large visant également l’ancien président guinéen Alpha Condé et le journaliste François Soudan.

« Pour ma part, je ne vais pas laisser le plus grand mercenaire de l'Afrique indépendante me traiter de mercenaire », lance-t-il.

L’auteur de la déclaration multiplie ensuite les attaques personnelles contre Robert Bourgi, qu’il décrit comme « synonyme de connivence avec les dictatures cruelles qui ont saigné l’Afrique et pillé ses ressources ». Il évoque notamment ses relations passées avec plusieurs chefs d’État africains ainsi qu’avec des personnalités politiques françaises.

Selon Cheikh Yérim Seck, Robert Bourgi serait aujourd’hui marginalisé aussi bien en France que dans plusieurs capitales africaines. « Aujourd'hui chassé des milieux feutrés en France et devenu persona non grata dans nombre de palais africains, Robert Bourgi a jeté son dévolu sur un dictateur complexé et inculte comme Mamadi Doumbouya », écrit-il.

Le journaliste considère que les critiques formulées contre sa personne constituent une tentative de discrédit liée à ses prises de position contre le régime guinéen actuel. Il affirme notamment que ses vidéos consacrées à la situation en Guinée auraient fortement dérangé les autorités de Conakry.

Cheikh Yérim Seck accuse une nouvelle fois Robert Bourgi d’agir en fonction d’intérêts financiers. Citant au passage Molière, il estime que ceux qui devraient observer la discrétion sont souvent les premiers à critiquer les autres.
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