Ceuta: le Maroc annonce la mort de 11 migrants

Lundi 3 Aout 2026

À Ceuta, au moins 72 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’enclave espagnole, selon les autorités locales. Entre 50 000 et 60 000 personnes ont franchi la frontière ces derniers jours. Face à l’ampleur du drame et aux nombreuses questions encore sans réponse après l'afflux migratoire, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) réclame une enquête indépendante. Elle s’interroge sur la manière dont un tel afflux a pu se produire sans que les autorités marocaines en aient eu connaissance.

À Ceuta, au moins 72 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’enclave espagnole, selon le gouvernement autonome de Ceuta.  Face à l’ampleur du drame et aux nombreuses questions encore sans réponse, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) réclame une enquête indépendante et met directement en cause les autorités marocaines. Cette association accuse notamment Rabat d’avoir laissé faire ces départs massifs. 

Pour l’Association marocaine des droits humains (AMDH), cet afflux massif soulève de nombreuses questions. Une rumeur annonçant l’ouverture de la frontière a circulé dans tout le Maroc. Des milliers de jeunes ont alors convergé vers Fnideq, certains venus de plusieurs centaines de kilomètres.

Saïd Tbel, membre de l’AMDH, s’interroge sur la manière dont un tel mouvement a pu se produire sans l’accord des autorités marocaines. Il réclame donc une enquête indépendante pour établir les responsabilités et clarifier le bilan humain. Les chiffres continuent de diverger : au moins 72 morts, selon Madrid, contre près de 130 victimes et des dizaines de disparus selon l’AMDH. Pour sa part, le ministère marocain de l'Intérieur a finalement donné dimanche soir un premier bilan, estimant que 11 personnes avaient perdu la vie en tentant de rejoindre Ceuta.



Il faut qu'il y ait une enquête indépendante du côté espagnol comme du côté marocain, parce que cette affaire n'est pas seulement une affaire de passage individuel, etc., mais beaucoup plus. C'est une traversée de masse de populations de jeunes qui ne dépassent pas 25 ans et qui sont des universitaires, des jeunes de tout le pays, du Maroc, qui ont risqué leurs vies. Certains sont morts, il y a même des familles avec leurs enfants. Et là, ils doivent nous donner des explications. Comment ils sont arrivés de 800 kilomètres de la côte de Fnideq, comment se fait-il qu'ils soient passés par tous les barrages ? Même le TGV, qui est le train le plus cher que l'on vient de mettre en place, les jeunes arrivent en TGV...


Au-delà des responsabilités, pour l’Association marocaine des droits humains, cette vague de départs révèle le profond malaise d’une partie de la jeunesse marocaine : chômage, vie chère et manque de perspectives. Beaucoup de jeunes n’attendent plus qu’une chose : partir. L’autre critique, c’est le silence de l’État marocain. L’AMDH reproche aux autorités de n’avoir toujours fourni aucune explication publique sur cette crise.

Enfin, l’association demande également des comptes à l’Espagne, notamment sur le renvoi de mineurs vers le Maroc, alors que leur situation devrait, selon elle, être examinée au cas par cas. Selon les autorités espagnoles, la « quasi-totalité » des 60 000 personnes ayant franchi la frontière ont depuis été renvoyées au Maroc.
Dans la même rubrique :