Dans la zone industrielle de Tarajal, plusieurs centaines de Marocains ont monté un campement de fortune. Il y a beaucoup de jeunes hommes, mais aussi des mineurs et des familles. « Ici, nous vivons la souffrance. Ils doivent nous trouver une solution, un hébergement. On ne peut pas rester dans cette situation », lance un homme.
Les esprits sont chauffés à blanc, après deux mois sans hygiène et à cause du manque de nourriture. « Quand on veut aller prendre une douche, les militaires nous en empêchent, ils nous arrêtent, nous frappent avec leur matraque. Ils veulent qu'on reste dans cet état d'errance, qu'on reste sale », accuse un autre.
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Ceuta: des milliers de migrants livrés à eux-mêmes et un renforcement des mesures de sécurité
Il y a eu une bagarre. Trois voitures de police et deux jeeps ont été envoyées sur place. « Si vous n'étiez pas là, ils se comporteraient autrement », confie une mère de famille apeurée. Ici, tout le monde dénonce le harcèlement des forces de sécurité espagnoles. La situation dégénère rapidement. Un militaire sort sa matraque, frappe un jeune homme et casse son téléphone.
Le comportement des soldats, envoyés par le gouvernement central à Ceuta, est pointé du doigt. Mohammed* a 15 ans. Il raconte avoir été passé à tabac. « Je dormais quand j'ai vu soudain les militaires arriver. Ils m'ont donné des coups de matraque. Je suis resté en sang jusqu'à l'arrivée de l'ambulance qui m'a emmené à l'hôpital », témoigne-t-il. Le gouvernement espagnol a ouvert une enquête, après la révélation de plus d'une centaine de cas de violences similaires.
Rocio est une infirmière originaire de Madrid. Elle fait partie des volontaires venus soigner les migrants. « C'est une situation inacceptable. Normalement, cela devrait être fait par les institutions, par le ministère de la Santé. On a vu beaucoup de violations de droits humains. La police frappe. Il y a aussi des militaires », déplore-t-elle. Elle est en train de désinfecter une plaie sur le pied d'un adolescent. « Un mineur qui courrait pour échapper aux militaires qui voulaient le frapper », explique-t-elle.
À quelques mètres de la frontière, Achraf* attend de rentrer au Maroc. « J'ai vécu l'humiliation, j'ai hâte d'être chez moi. Il y a un racisme inimaginable ici. À l'hôpital, les migrants sont mis à part, sous la surveillance des militaires, et menés à la matraque. Ils ne passent pas avec les gens qui ont des papiers », confie-t-il. Les départs se sont accélérés. Jusqu'à 200 migrants quittent Ceuta chaque jour, selon les autorités espagnoles.
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Rocio est une infirmière originaire de Madrid. Elle fait partie des volontaires venus soigner les migrants. « C'est une situation inacceptable. Normalement, cela devrait être fait par les institutions, par le ministère de la Santé. On a vu beaucoup de violations de droits humains. La police frappe. Il y a aussi des militaires », déplore-t-elle. Elle est en train de désinfecter une plaie sur le pied d'un adolescent. « Un mineur qui courrait pour échapper aux militaires qui voulaient le frapper », explique-t-elle.
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