Célébration de la Fête de l’indépendance : Le mouvement «And Sopi Thiès» dénonce une gestion opaque du 4 avril

Mardi 21 Avril 2026

Au-delà de la ferveur du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, l’heure est au bilan critique à Thiès. Le mouvement citoyen «Alternative citoyenne/And sopi Thiès» pointe du doigt une gestion municipale marquée par des dépenses jugées «folkloriques», un manque de transparence budgétaire et une marginalisation des acteurs économiques locaux. Entre interrogations sur le financement du Champ de course et exigences de redevabilité, Ma Diakhaté Niang et ses camarades réclament des comptes aux élus.

L’enthousiasme suscité par la célébration de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale à Thiès n’aura pas suffi à apaiser les critiques. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 15 avril 2026, les responsables du mouvement «Alternative citoyenne/And sopi Thiès» ont dressé un réquisitoire sévère contre la gestion de cet événement par la Ville et les communes de Thiès-Est, Nord et Ouest. Pour Ma Diakhaté Niang, président du mouvement, l’équilibre entre célébration et priorités sociales a été rompu. Le mouvement déplore une place excessive accordée au folklore alors que les besoins en éducation, santé, emploi des jeunes et assainissement restent immenses.


La Ville et les communes sont accusées d’avoir engagé des frais non essentiels dans un contexte de ressources publi­ques limitées. Le mouvement regrette que les entreprises et artisans thiessois n’aient pas été mobilisés, privant ainsi l’économie locale d’opportunités précieuses. Les artistes locaux auraient également été laissés sur la touche, au profit d’une «compétition malsaine» entre maires pour attirer de grandes têtes d’affiche payées sur les deniers publics.

Une exigence de transparence budgétaire
Le cœur de la contestation réside dans l’opacité financière entourant l’événement. «Alter­na­tive citoyenne/And sopi Thiès» exige de savoir quels fonds ont été mobilisés et quelle est leur provenance réelle. L’un des points les plus sensibles concerne les travaux du Champ de course. Le mouvement s’interroge sur le financement de ce projet par la mairie de Thiès-Est, alors que le programme Pacasen, censé le prendre en charge, est actuellement bloqué. Des explications «claires, précises et documentées» sont attendues sur les modalités contractuelles avec les prestataires.

Vers une gouvernance plus rigoureuse
Loin de la critique gratuite, le mouvement propose des axes de réforme pour la gestion municipale : donner la priorité à l’emploi, à l’éducation et au cadre de vie. Pour la redevabilité accrue, une publication systématique des dépenses, une traçabilité des financements et une institutionnalisation de la reconnaissance des citoyens ayant servi la Nation. Quant à l’équité économique, il faut garantir un accès juste à la Commande publique pour les entrepreneurs locaux afin de mettre fin au sentiment que certains prestataires sont systématiquement favorisés.

Un appel au changement de posture
Ma Diakhaté Niang a exhorté les élus à abandonner «l’activisme» et le «spectacle» pour se concentrer sur leurs missions de développement local et d’aménagement du territoire. Le mouvement exige également un état des lieux exhaustif sur la distribution des aides sociales et la gestion du foncier ; des sujets jugés stratégiques et trop souvent gérés «dans le flou». «Les Thiessoises et les Thiessois ont droit à la vérité», martèle le président d’And sopi Thiès, promettant de rester mobilisé pour que les principes de bonne gouvernance soient enfin respectés.

Le Quotidien
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