Carburants : « le gouvernment encaisse plus qu’il ne subventionne », déballe Ousmane Sonko

Dimanche 16 Aout 2026

Le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, s’est prononcé sur la fiscalité appliquée aux produits hydrocarbures et sur la question des subventions aux carburants. Selon lui, l’État sénégalais perçoit davantage en taxes qu’il ne dépense en subventions, ce qui relativise, à ses yeux, l’ampleur réelle de l’effort de soutien aux consommateurs.

« Quand tu travailles avec des produits hydrocarbures, les taxes représentent entre 40 et 52 % du prix. C’est-à-dire, quand tu vas acheter de l’essence et qu’on te vend le litre à 900 FCFA, il faut savoir qu’entre 45 et 52 %, ce sont des taxes. C’est ce que l’État reprend sur le consommateur », a déclaré Ousmane Sonko.

L’ancien Premier ministre estime ainsi que la subvention aux carburants ne peut pas être analysée indépendamment du niveau de taxation. « La subvention n’existe pas réellement au Sénégal. Quand l’État subventionne 50 FCFA, il encaisse 100 FCFA en taxes. Donc, il neutralise la subvention », a-t-il soutenu.

Pour le leader de PASTEF, le mécanisme fiscal actuel est favorable aux finances publiques. « Dans l’état actuel des choses, l’État encaisse plus qu’il ne subventionne. Nous sommes d’ailleurs le pays d’Afrique de l’Ouest qui taxe le plus les carburants », a-t-il affirmé.

Ousmane Sonko s’est également appuyé sur des chiffres concernant les montants consacrés aux subventions et les recettes fiscales tirées des carburants. « En 2021, subventionné à 212 milliards, taxé à 450 milliards. Donc différence : 237 milliards », a-t-il indiqué.

Poursuivant son analyse, il a évoqué les années suivantes : « En 2024, subventionné 467 milliards, encaissé en taxes 682 milliards. Soit 214 milliards d’écart en faveur de l’État. En 2025, subventionné 380 milliards, taxé 765 milliards. 384 milliards d’écart. »

Face à cette situation, le responsable politique estime qu’une baisse des prix à la pompe doit passer par une réduction de la fiscalité appliquée aux hydrocarbures. « Pratiquement, 2023, 2024 : années de crise préélectorale. Donc, retoucher les prix ; il faut diminuer les taxes », a-t-il préconisé.

Ousmane Sonko rappelle enfin que plusieurs prélèvements sont appliqués aux produits pétroliers. « Il y a quatre ou cinq séries de taxes. Il y a la TVA, les droits de porte, le fonds de soutien à l’énergie, cinq taxes », a-t-il détaillé.

À travers cette lecture, le leader de PASTEF défend donc une révision de la fiscalité sur les carburants, estimant que la réduction des prélèvements pourrait constituer un levier pour alléger le coût supporté par les consommateurs sénégalais.

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