Les présidents sénégalais Bassirou Diomaye Faye et sierra-léonais Julius Maada Bio se sont rendus à Bissau, ce samedi 10 janvier 2026, dans le cadre d’une mission conjointe de médiation menée au nom de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Cette visite intervient 45 jours après le coup d’État qui a interrompu le processus électoral en Guinée-Bissau et plongé le pays dans une nouvelle crise politique.
Aucune communication officielle n’a sanctionné cette mission, mais les deux chefs d’État ont eu des entretiens directs avec les militaires ayant pris le pouvoir. L’objectif affiché de la délégation ouest-africaine était d’obtenir des avancées concrètes sur plusieurs dossiers sensibles liés à la transition politique en cours.
Libération des détenus politiques au cœur des discussions
Selon des sources proches de la médiation, la délégation de la Cédéao a plaidé pour une libération sans condition de tous les détenus politiques, estimant que leur maintien en détention compromet toute dynamique de confiance indispensable à une sortie de crise durable.
La junte au pouvoir privilégie pour sa part une approche qualifiée de « graduelle », sans toutefois avancer de calendrier précis. Si plusieurs personnes arrêtées fin novembre ont déjà été libérées, la principale figure de l’opposition, Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, demeure en détention.
Les présidents Diomaye Faye et Maada Bio ont pu lui rendre visite, un geste hautement symbolique dans le contexte actuel. Ils se sont également entretenus avec Fernando Dias, candidat à la dernière élection présidentielle, toujours réfugié à l’ambassade du Nigeria depuis le putsch.
Préoccupations croissantes sur les droits humains
Cette mission intervient alors que plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur une dégradation de la situation sécuritaire et des libertés fondamentales en Guinée-Bissau depuis le coup d’État. Des cas de violences, d’arrestations arbitraires et d’intimidations visant des activistes et des citoyens ont été signalés.
Selon Sabino Gomes Junior, membre de la plateforme d’organisations de la société civile Pacto Social, les violations se multiplient dans un climat d’impunité. Il évoque des agressions commises par des militaires contre des civils et des militants, certains ayant été hospitalisés, tandis que leurs familles peinent à obtenir assistance et protection.
La société civile bissau-guinéenne appelle la Cédéao à écouter directement les populations, estimant que les espaces de recours et de dénonciation se réduisent drastiquement. Des organisations, dont la Ligue des droits de l’homme, auraient été contraintes de suspendre leurs activités, accentuant le sentiment de peur au sein de la population.
Divergences sur la durée de la transition
Autre point de friction majeur : la durée de la transition. Les médiateurs ouest-africains plaident pour une transition courte, encadrée et transparente, assortie d’un calendrier électoral clair. À l’inverse, les autorités militaires évoquent la nécessité d’un « délai de sécurité » pour stabiliser les institutions avant toute consultation électorale, sans préciser d’échéance.
Selon plusieurs sources, la junte percevrait également la force d’attente de la Cédéao comme une menace potentielle, alimentant les tensions entre Bissau et l’organisation régionale.
La mission de Bassirou Diomaye Faye et Julius Maada Bio s’inscrit ainsi dans une tentative de désescalade politique et sécuritaire, alors que la Guinée-Bissau reste à la croisée des chemins entre une transition maîtrisée et un enlisement prolongé de la crise.
Aucune communication officielle n’a sanctionné cette mission, mais les deux chefs d’État ont eu des entretiens directs avec les militaires ayant pris le pouvoir. L’objectif affiché de la délégation ouest-africaine était d’obtenir des avancées concrètes sur plusieurs dossiers sensibles liés à la transition politique en cours.
Libération des détenus politiques au cœur des discussions
Selon des sources proches de la médiation, la délégation de la Cédéao a plaidé pour une libération sans condition de tous les détenus politiques, estimant que leur maintien en détention compromet toute dynamique de confiance indispensable à une sortie de crise durable.
La junte au pouvoir privilégie pour sa part une approche qualifiée de « graduelle », sans toutefois avancer de calendrier précis. Si plusieurs personnes arrêtées fin novembre ont déjà été libérées, la principale figure de l’opposition, Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, demeure en détention.
Les présidents Diomaye Faye et Maada Bio ont pu lui rendre visite, un geste hautement symbolique dans le contexte actuel. Ils se sont également entretenus avec Fernando Dias, candidat à la dernière élection présidentielle, toujours réfugié à l’ambassade du Nigeria depuis le putsch.
Préoccupations croissantes sur les droits humains
Cette mission intervient alors que plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur une dégradation de la situation sécuritaire et des libertés fondamentales en Guinée-Bissau depuis le coup d’État. Des cas de violences, d’arrestations arbitraires et d’intimidations visant des activistes et des citoyens ont été signalés.
Selon Sabino Gomes Junior, membre de la plateforme d’organisations de la société civile Pacto Social, les violations se multiplient dans un climat d’impunité. Il évoque des agressions commises par des militaires contre des civils et des militants, certains ayant été hospitalisés, tandis que leurs familles peinent à obtenir assistance et protection.
La société civile bissau-guinéenne appelle la Cédéao à écouter directement les populations, estimant que les espaces de recours et de dénonciation se réduisent drastiquement. Des organisations, dont la Ligue des droits de l’homme, auraient été contraintes de suspendre leurs activités, accentuant le sentiment de peur au sein de la population.
Divergences sur la durée de la transition
Autre point de friction majeur : la durée de la transition. Les médiateurs ouest-africains plaident pour une transition courte, encadrée et transparente, assortie d’un calendrier électoral clair. À l’inverse, les autorités militaires évoquent la nécessité d’un « délai de sécurité » pour stabiliser les institutions avant toute consultation électorale, sans préciser d’échéance.
Selon plusieurs sources, la junte percevrait également la force d’attente de la Cédéao comme une menace potentielle, alimentant les tensions entre Bissau et l’organisation régionale.
La mission de Bassirou Diomaye Faye et Julius Maada Bio s’inscrit ainsi dans une tentative de désescalade politique et sécuritaire, alors que la Guinée-Bissau reste à la croisée des chemins entre une transition maîtrisée et un enlisement prolongé de la crise.