Bissau : Horta Inta-A limoge le chef du cabinet Sandji Fati, pièce maîtresse du clan Embaló

Mercredi 14 Octobre 2026

Le président de la transition de Guinée-Bissau, le général d'armée Horta Inta-A, a officialisé par décret présidentiel le limogeage immédiat du lieutenant-général Sandji Fati de ses fonctions de directeur du cabinet civil de la présidence (Chefe da Casa Civil). Cette décision, qui intervient à moins de deux mois des élections générales de transition fixées au 6 décembre 2026, marque une nouvelle étape décisive dans la restructuration de l'appareil d'État bissau-guinéen.


Le départ de Sandji Fati est loin d'être un simple réajustement technique. Figure incontournable du paysage politique et militaire du pays, l'ancien ministre de la Défense et de l'Intérieur était notoirement connu pour être l'un des plus fidèles lieutenants et un proche de premier cercle de l'ex-président Umaro Sissoco Embaló.
Nommé à la tête du cabinet civil de la présidence en décembre 2025 au lendemain du changement de régime, Sandji Fati apparaissait jusqu'alors comme un pont complexe entre l'ancienne administration et les nouvelles autorités militaires. Sa destitution brutale confirme la volonté de la junte de rompre définitivement avec les réseaux d'influence de l'ancien président.


Une purge stratégique face aux rumeurs de déstabilisation
Si le décret présidentiel reste muet sur les motivations officielles de cette éviction, les observateurs régionaux y voient une réplique directe aux récentes tensions qui secouent Bissau. Début octobre, des rumeurs persistantes faisaient état d'une tentative de retour d'Umaro Sissoco Embaló, poussant la junte à démanteler et désarmer la garde présidentielle, restée historiquement loyale à l'ancien chef de l'État.
En écartant Sandji Fati, le général Horta Inta-A neutralise un acteur stratégique au cœur même du palais présidentiel, soupçonné par le pouvoir en place de manœuvrer en coulisses pour favoriser les intérêts de son mentor en exil.


Verrouillage total avant les urnes
Ce limogeage s’inscrit dans une vague d’épurations sans précédent visant les loyalistes d’Embaló. Quelques jours plus tôt, le ministre de l’Intérieur, Mamasaliu Embaló, la ministre de la Pêche, ainsi que le directeur général des Impôts, Malam Sissé, avaient tous été démis de leurs fonctions. À l'approche du scrutin crucial de décembre, le général Horta Inta-A envoie un signal clair : la transition ne tolérera aucune interférence ou dissidence interne. Le verrouillage de l'appareil sécuritaire et administratif autour du noyau dur de la junte est désormais total.

Par Erick Salemon Bassène
exclusif net
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