Badara Pouye, membre de la Coalition Diomaye Président : ‘’L'attitude irrédentiste de PASTEF va le conduire à l'autodestruction’

Mardi 26 Mai 2026


Membre de la Coalition Diomaye Président, Badara Pouye - qui a démissionné de PASTEF - analyse, dans cet entretien accordé à Vox Populi, l’actualité politique brûlante marquée par le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko et le débat autour du retour de ce dernier à l’Assemblée nationale pour y occuper le perchoir.      

 
Quel commentaire faites-vous du limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko ?  Est-ce que vous vous y attendiez?
La révocation du Premier ministre était prévisible ! Un Premier ministre doit rester à la place d'un Premier ministre. On ne peut pas être chef du Gouvernement et s'épancher publiquement sur des sujets en contredisant celui qui vous a confié des responsabilités. Ousmane Sonko manque cruellement de culture étatique et ne fait jamais preuve de retenue dans ses sorties. Le Président a tout fait pour éviter cette situation.

Cependant, il était obligé se séparer de lui pour l'intérêt supérieur de la Nation, car le Sénégal est et restera au-dessus de Sonko.

Si le Président n'a pas limogé son Premier ministre depuis belle lurette, c'est parce qu'il est un homme patient et un homme serein. Comment peut-on admettre qu'un chef de Gouvernement avoue publiquement que le Sénégal manque d'autorité ? C'est Vraiment inadmissible ! Le Président aurait dû le limoger depuis très longtemps.

Quand les intérêts de la Nation sont menacés, il n’y a plus de place au ‘’masla’’ ! Ousmane Sonko était devenu un danger pour le Sénégal ! Un Premier ministre qui s'attaque à des puissances étrangères. C'était devenu une épine dans les godasses de la République.

 

 Le leader de PASTEF devrait retourner à l'Assemblée nationale et remplacer le démissionnaire El Malick Ndiaye au poste de président. Ne craignez-vous pas une crise institutionnelle avec des représailles du groupe parlementaire PASTEF ? 
Il ne peut y avoir une crise institutionnelle au Sénégal. Le retour de l’ex-Premier ministre à l'Assemblée est le cadet des soucis pour le Président Bassirou Diomaye Faye. C'est un non-évènement ! Le Président n'est pas dans le deals et calculs politiques. Ce qui le préoccupe actuellement, c'est comment trouver un Premier ministre qui sera capable de relever le défi et sortir le Sénégal de cette situation catastrophique causée par un discours populiste d’un Premier ministre en campagne électorale perpétuelle. Avec cette nouvelle donne de la démission du président de l'Assemblée nationale pour laisser la place à Ousmane Sonko, je suis persuadé que ce dernier est en train de creuser sa propre tombe politique, car il cherche à bloquer le pays pour ses propres desideratas ! Cela prouve qu’il n'aime pas le Sénégal ! Tout ce qui l'intéresse, c'est sa propre personne. Il va retourner l'opinion publique contre lui-même.

Le PASTEF est en train de baliser le terrain à Diomaye dans leur volonté de paralyser le pays ! Le Président va nommer un Premier ministre qui attendra décembre pour faire une Déclaration de politique générale.

Évidemment, la majorité de PASTEF va inévitablement déposer une motion de censure pour faire tomber le Premier ministre. Mais, le Président a prévu tous ses scenarii et va dissoudre l'Assemblée et les battre aux Législatives anticipées ! L'attitude irrédentiste de PASTEF va le conduire à l'autodestruction.

 
À quoi les Sénégalais devraient-ils s'attendre ? 
Évidemment à une situation difficile, car le PASTEF tentera par tous les moyens de bloquer le Président. Mais, ils se trompent lourdement, car le peuple est conscient et prendra ses responsabilités aux prochaines consultations électorales.

 
Selon vous, quelles doivent être les priorités du nouvel attelage gouvernemental ?
 Les priorités du futur attelage : le Président va chercher des profils compétents, des patriotes qui aiment le Sénégal et feront tout pour l’aider à réconcilier les Sénégalais ! Les gens de PASTEF ne se soucient pas de la paix et de la prospérité du pays. Tout ce qui les préoccupe, c'est l'élection d’Ousmane Sonko à la tête du pays. Mais, ils oublient que sans un Sénégal stable, un Sénégal de paix, il sera difficile à Ousmane Sonko et à Diomaye de rester au pouvoir. Ce dont je suis sûr et certain, c’est que le Président dirigera ce pays dans la paix, la concorde et le calme. Rien ne sera plus comme avant.

Quel commentaire faites-vous de la nomination d’Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo ?
Sur le choix de Alhaminou Lo, pour moi, ce n'est pas une grande surprise, mais une demi-surprise, dans la mesure où il était le seul ministre avec rang de ministre d'État depuis l'accession du Président Bassirou Diomaye Faye au pouvoir. Il a le profil de l'emploi et connaît parfaitement le système bancaire et les institutions internationales pour avoir été un cadre émérite de la BCEAO. Je félicite le Président pour ce choix minutieux, car connaissant le Président, il aime les hommes calmes et discrets. Et Le nouveau Premier ministre semble avoir ce caractère. Je suis persuadé qu'il sera en mesure de redresser la situation du pays et aider le Président à réconcilier les Sénégalais avec leurs dirigeants. Monsieur Lo n'est pas sur un terrain glissant, car il avait en charge de la mise en œuvre de l'Agenda 2050. C'est une continuité, mais un changement de méthode. Je lui souhaite beaucoup de succès.
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