Le président du groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, a réagi à la décision du Président Bassirou Diomaye Faye de renvoyer à l’Assemblée nationale la loi portant modification des articles L29 et L30 du Code électoral pour une seconde lecture. Une décision qu’il considère comme relevant des prérogatives normales du chef de l’État, même s’il juge les motifs avancés « assez légers ».
Face à la presse, Ayib Daffé a rappelé que le Président de la République disposait de deux possibilités après réception du texte adopté par les députés. « La réaction qu'on a, c'est que bon, c'est une prérogative constitutionnelle du Président de la République. Il avait deux choix, deux options qui s'offraient à lui quand on lui présente un texte : c'est de saisir le Conseil constitutionnel, ce qu'il n'a pas fait, ou de renvoyer à une seconde lecture, ce qu'il a fait », a déclaré le député.
Le responsable parlementaire de Pastef affirme ainsi ne voir aucune anomalie institutionnelle dans cette démarche présidentielle. « Donc, pour nous, ça ne nous pose pas problème en tant que législateur, puisque c'est prévu dans la Constitution, c'est prévu dans notre règlement intérieur, même si les motifs qu'on a avancés sont assez légers », a-t-il soutenu.
Ayib Daffé insiste toutefois sur le fait que cette prérogative du chef de l’État s’impose automatiquement aux députés. « Étant donné que c'est une prérogative constitutionnelle qu'on ne peut pas lui refuser, on est obligé de respecter notre Constitution et de respecter notre règlement intérieur », a-t-il expliqué.
Le président du groupe parlementaire Pastef a également annoncé une reprise rapide de la procédure législative. Selon lui, les instances de l’Assemblée nationale vont être convoquées dans les plus brefs délais afin de procéder à cette nouvelle délibération. « Comme le Président de l'Assemblée nationale l'a dit, nous allons convoquer la conférence des présidents tout à l'heure, et nous allons convoquer la commission et la séance plénière très rapidement, puisque on reprend la même procédure : c'est la procédure d'urgence », a précisé Ayib Daffé.
Alors que plusieurs observateurs évoquent des tensions ou des divergences entre l’exécutif et la majorité parlementaire, le député Pastef rejette toute idée de « cacophonie » institutionnelle. « Ce sont deux pouvoirs qui sont séparés et chacun a ses prérogatives. Dès lors que c'est prévu par la Constitution et le règlement intérieur, je ne vois pas de cacophonie », a-t-il affirmé.
Mais derrière cette position officielle, Ayib Daffé laisse entrevoir une lecture plus politique de la situation. Selon lui, la décision présidentielle pourrait surtout avoir pour effet de ralentir le processus parlementaire engagé autour de cette réforme électorale. « Ce que je vois, c'est simplement peut-être une volonté de retarder le travail du législateur. Mais nous, en tant que législateurs, nous sommes déterminés, nous sommes engagés à poursuivre notre travail », a-t-il lancé.
Et de conclure sur un ton ferme : « Ce n'est pas une seconde délibération qui va nous freiner. Nous allons continuer le travail. Nous sommes là pour ça. »