Attaques contre Aminata Touré : Moustapha Dieme charge Yérim Seck

Lundi 6 Avril 2026

La polémique enfle autour des attaques répétées du journaliste et analyste politique Cheikh Yérim Seck contre l’ancienne Première ministre Aminata Touré. Dans une tribune au ton ferme, Moustapha Dieme, coordonnateur national de MIMI 2024, fustige ce qu’il qualifie d’« imposture de la crédibilité » et appelle à élever le niveau du débat public au Sénégal.


Selon lui, les critiques adressées à l’ancienne ministre de la Justice ne relèvent plus d’une confrontation d’idées, mais d’une tentative de disqualification personnelle. « Ce qui se donne aujourd’hui à voir n’est pas une critique politique au sens noble du terme, mais une entreprise de disqualification portée par une parole qui peine à se fonder sur une quelconque autorité morale », affirme-t-il.

Pour Moustapha Dieme, la parole publique doit s’accompagner d’une responsabilité et d’une cohérence. « Dans l’espace républicain, la parole n’est jamais neutre : elle engage celui qui la porte, convoque son histoire et s’évalue à l’aune de sa cohérence », souligne-t-il, estimant que la légitimité d’un discours dépend aussi du parcours et de l’exemplarité de celui qui l’énonce.


Dans sa prise de position, il déplore ce qu’il considère comme une dégradation du débat politique au Sénégal, marquée par des attaques personnelles et des tentatives de diversion. Selon lui, certaines critiques visent davantage à « brouiller les lignes » et à relativiser la légitimité de certaines figures publiques qu’à alimenter un débat de fond. « Lorsque la légitimité fait défaut, on s’emploie souvent à relativiser celle des autres », écrit-il, dénonçant une stratégie consistant à installer une équivalence entre des trajectoires qui, selon lui, ne peuvent être comparées.

Le parcours d’Aminata Touré mis en avant

Face à ces critiques, Moustapha Dieme rappelle le parcours politique d’Aminata Touré, qu’il présente comme un exemple d’engagement public. Il évoque notamment son passage au ministère de la Justice, période durant laquelle elle avait engagé des réformes visant à renforcer la lutte contre l’impunité. « Son parcours repose sur des engagements tangibles, des responsabilités assumées et un positionnement constant en faveur de l’État de droit », estime-t-il, tout en reconnaissant que toute action publique peut faire l’objet de critiques.

Au-delà de la polémique, Moustapha Dieme appelle à un débat politique plus responsable et respectueux. Selon lui, le peuple sénégalais dispose d’une maturité politique suffisante pour distinguer les critiques constructives des attaques opportunistes.

« On ne reconstruit pas une crédibilité en s’érigeant en procureur de circonstance. On ne gagne pas en respectabilité en ciblant plus intègre que soi », répond t-il, estimant que les attaques personnelles finissent toujours par se heurter à la mémoire et au jugement de l’opinion publique.

 
Dans la même rubrique :