Arona Coumba Ndoffene Diouf : « Ousmane Sonko est fini »

Lundi 24 Aout 2026

L’ancien ministre et candidat déclaré à la dernière présidentielle, le professeur Arona Coumba Ndoffene Diouf, livre un jugement particulièrement sévère sur l’avenir politique d’Ousmane Sonko. Interrogé sur l’arrivée de l’ancien Premier ministre à l’Assemblée nationale et son action auprès des députés de Pastef, celui qui avait été parmi les premières personnalités à réclamer son limogeage estime que Sonko est entré dans une « décadence politique » qu’il juge « irréversible ». Il va jusqu’à lui conseiller une « retraite anticipée », avant de lâcher : « Ousmane Sonko est fini. »


Pour Arona Coumba Ndoffene Diouf, le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature constitue un tournant majeur dans la trajectoire politique du leader de Pastef.

« Je pense que Ousmane Sonko est en décadence politique après son limogeage à la Primature », affirme-t-il.

L'ancien ministre fonde notamment son analyse sur la stratégie politique et le discours développés par Ousmane Sonko depuis la création de Pastef.

« Depuis la création de son parti Pastef, Ousmane Sonko a construit son ascension sur un discours d’intolérance morale vis-à-vis de ses adversaires politiques. Tous les actes susceptibles de mal gouvernance étaient dénoncés et parfois même avec des accusations mal orientées », soutient Arona Coumba Ndoffene Diouf.

« Les Sénégalais sont en droit de lui appliquer les exigences qu’il n’a jamais tolérées à ses adversaires »

Selon lui, Ousmane Sonko serait désormais confronté aux mêmes exigences politiques et morales qu'il avait lui-même imposées à ses adversaires.

Évoquant notamment les procédures judiciaires qui avaient affecté la candidature de Sonko à la présidentielle de 2024, Arona Coumba Ndoffene Diouf considère que l'accumulation de ce qu'il qualifie de « fautes politiques » pose désormais une question de cohérence.

« Toutes ces fautes politiques au cours de sa carrière sont interprétées comme un manque de cohérence par le peuple, je veux dire la majorité silencieuse sans parti politique », déclare-t-il.

Et d'ajouter : « Aujourd’hui, les Sénégalais sont en droit de lui appliquer les exigences qu’il n’a jamais tolérées à ses adversaires. La cohérence d’un homme politique devrait être sa première qualité. »

« Il devrait prendre une retraite anticipée »

Arona Coumba Ndoffene Diouf va plus loin en affirmant qu'une partie importante de l'opinion publique, mais également des militants de Pastef, aurait pris ses distances avec l'ancien Premier ministre.

« À ce point de vue, cela explique pourquoi la majorité des Sénégalais lui ont tourné le dos et même plusieurs de ses propres militants du parti », affirme-t-il.

Il en tire une conclusion particulièrement radicale sur l'avenir politique du leader de Pastef : « Il devrait prendre une retraite anticipée, politiquement parlant, car cette décadence n’est qu’à ses débuts et ce sera irréversible. »

Pour étayer son analyse, l'ancien ministre fait référence aux trajectoires d'autres grandes personnalités de la vie politique sénégalaise.

« Les Sénégalais ne reviennent jamais en arrière après avoir vomi un homme public, car la faute se paie cash en politique. Tant d’exemples sont là pour l’illustrer : Moustapha Niasse, Idrissa Seck et tant d’autres », estime-t-il.

Avant de conclure sans détour : « Ousmane Sonko est fini. »

Arona Coumba Ndoffene Diouf assume son soutien à Diomaye

Cette charge intervient alors qu'Arona Coumba Ndoffene Diouf a choisi de soutenir le président Bassirou Diomaye Faye à travers Kiiraay – Les Patriotes Républicains.

Il rappelle également avoir été parmi les premières personnalités politiques à demander au chef de l'État de se séparer d'Ousmane Sonko. Selon lui, les divergences entre les deux têtes de l'exécutif avaient rendu leur séparation inévitable.

« La divergence sur l’exercice du pouvoir, les contradictions politiques et critiques récurrentes dans l’espace public et à l’Assemblée nationale ont engendré une rupture de confiance de la part du Président vis-à-vis de son Premier ministre », explique-t-il.

Pour Arona Coumba Ndoffene Diouf, la décision prise par Bassirou Diomaye Faye était ainsi devenue nécessaire : « Le Président doit, à tout moment, incarner et affirmer son autorité institutionnelle pour l’intérêt de l’État et de ses concitoyens. »

Désormais engagé aux côtés du chef de l'État, l'ancien ministre considère que les priorités doivent porter sur la réduction du coût de la vie, l'exploitation des ressources naturelles, l'emploi des jeunes, la cohésion nationale ainsi que les relations avec les partenaires financiers internationaux.

Mais sur l'avenir d'Ousmane Sonko, son verdict est sans appel : à ses yeux, l'ancien Premier ministre est entré dans une phase de déclin politique dont il ne se relèvera pas.
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