Après les réserves émises par Souleymane Bassoum sur le projet agro-industriel SM10 Agro porté par Sadio Mané à Bambali, Youssouph Diatta, ancien responsable dans plusieurs structures de la filière mangue, apporte une lecture différente. Dans une contribution transmise à Exclusif.net, il conteste notamment les arguments liés aux variétés disponibles en Casamance, à la courte durée de la campagne et aux difficultés de conservation. Tout en reconnaissant certains défis, il estime que ceux-ci peuvent être surmontés par l’organisation de la collecte, la diversification et la mise en place de plantations dans différentes zones agroécologiques.
Le débat autour du projet SM10 Agro de Sadio Mané se poursuit. Après la sortie de Souleymane Bassoum, qui a exprimé de sérieuses réserves sur le modèle envisagé pour la transformation de la mangue en Casamance, un autre connaisseur de la filière lui répond. Youssouph Diatta, ancien coordinateur terrain de FM Agri SUARL, ancien responsable du pôle d’appui aux producteurs de Casamango SAS et ancien chef de zones Casamance-Niayes de la même entreprise, a transmis à Exclusif.net une contribution consacrée au projet dont la première pierre a été posée le 19 septembre à Bambali.
« La transformation de la mangue n’est pas une activité nouvelle en Casamance »
Youssouph Diatta conteste d’abord l'idée selon laquelle les caractéristiques de la production locale constitueraient, en elles-mêmes, un obstacle à la viabilité du projet.«Contrairement à ce que dit l’expert, la Casamance dispose de variétés de mangues adaptées à la transformation », affirme-t-il. Il cite l’expérience de la SODECA ainsi que celle de plusieurs unités de transformation qui produisent déjà du jus, du vinaigre, de la mangue séchée et d’autres produits dérivés.
Selon lui, le projet SM10 Agro vise principalement la production de mangues séchées et d’autres produits à plus forte valeur ajoutée. Il considère la variété Kent comme particulièrement adaptée à cette activité et souligne qu’elle est présente en Casamance.
En attendant que les futures plantations du projet atteignent leur pleine capacité de production, il propose un système de collecte auprès des différentes zones productrices de Casamance et du reste du Sénégal, en collaboration avec les coopératives de producteurs. Hauteur des manguiers : « Cela ne constitue nullement un blocage »
Souleymane Bassoum avait également soulevé la question de la hauteur des manguiers traditionnels de Casamance et des difficultés de récolte qui peuvent en découler. Youssouph Diatta reconnaît cette réalité mais ne la considère pas comme un obstacle insurmontable. « Ce fait est certes réel mais ne constitue nullement un blocage car il existe des techniques de récolte adaptées pour les mangues destinées au séchage et à la transformation », explique-t-il.
Il préconise notamment la formation des récolteurs et manutentionnaires ainsi que la mise à disposition de moyens logistiques, dont des cageots et des véhicules adaptés, afin de réduire les pertes après récolte.
Il conteste l'argument des « 45 jours »
Autre point de désaccord : la durée de la campagne de mangue. Selon Youssouph Diatta, les « 45 jours » évoqués par Souleymane Bassoum concerneraient essentiellement la variété Kent. Or, souligne-t-il, d’autres variétés peuvent également être utilisées. « Les variétés Keitt et “diourou” sont aussi utilisées pour le séchage et la transformation en d’autres sous-produits comme le “thiakry” de mangue, le jus, etc. », affirme-t-il.
Il estime également que les difficultés de conservation de la mangue fraîche constituent précisément l’une des raisons de développer une industrie de transformation. « Si la mangue fraîche est difficile à conserver comme il dit, ses sous-produits mangue séchée, beurre, jus, etc. ne le sont pas. Et c’est cela l’exploit : transformer à grande échelle, stocker puis commercialiser progressivement », explique Youssouph Diatta.
Selon sa contribution, SM10 Agro prévoit également de transformer d’autres productions agricoles, notamment la banane et d’autres fruits. Youssouph Diatta évoque l’existence, dans la zone, d'une dizaine de plantations de plus de 25 hectares chacune, dont une située à Bambali. Pour lui, cette diversification pourrait permettre à l’unité industrielle de poursuivre ses activités au-delà de la seule saison de la mangue.
Un point d’accord avec Souleymane Bassoum
Youssouph Diatta rejoint néanmoins Souleymane Bassoum sur une proposition : développer des plantations dans plusieurs zones agroécologiques. Une telle organisation permettrait, selon lui, de profiter du décalage des périodes de maturité des mangues d’une zone à l’autre, d’allonger la période d’approvisionnement de l’usine et de mieux maîtriser le coût de la matière première. « Faire ces genres de propositions à SM10 Agro pour la réussite du projet serait mieux que des alertes spectaculaires du genre “ça ne marchera pas” ou “c’est une catastrophe” », estime-t-il.
Pour Youssouph Diatta, les potentialités agricoles ne suffiront toutefois pas à garantir le succès de SM10 Agro. Il insiste sur plusieurs conditions nécessaires au fonctionnement du projet. Outre les équipements et les moyens logistiques, il met l’accent sur « une ressource humaine de qualité dont les compétences sont avérées pour certains postes stratégiques ». Il insiste également sur la rigueur dans la gestion et la mise en œuvre des activités. « Plutôt que de prédire l’échec du projet avant même son démarrage, il serait plus pertinent d’apporter des contributions dans le sens de minimiser les goulets d’étranglement », ajoute Youssouph Diatta.
Le débat autour du projet SM10 Agro de Sadio Mané se poursuit. Après la sortie de Souleymane Bassoum, qui a exprimé de sérieuses réserves sur le modèle envisagé pour la transformation de la mangue en Casamance, un autre connaisseur de la filière lui répond. Youssouph Diatta, ancien coordinateur terrain de FM Agri SUARL, ancien responsable du pôle d’appui aux producteurs de Casamango SAS et ancien chef de zones Casamance-Niayes de la même entreprise, a transmis à Exclusif.net une contribution consacrée au projet dont la première pierre a été posée le 19 septembre à Bambali.
« La transformation de la mangue n’est pas une activité nouvelle en Casamance »
Youssouph Diatta conteste d’abord l'idée selon laquelle les caractéristiques de la production locale constitueraient, en elles-mêmes, un obstacle à la viabilité du projet.«Contrairement à ce que dit l’expert, la Casamance dispose de variétés de mangues adaptées à la transformation », affirme-t-il. Il cite l’expérience de la SODECA ainsi que celle de plusieurs unités de transformation qui produisent déjà du jus, du vinaigre, de la mangue séchée et d’autres produits dérivés.
Selon lui, le projet SM10 Agro vise principalement la production de mangues séchées et d’autres produits à plus forte valeur ajoutée. Il considère la variété Kent comme particulièrement adaptée à cette activité et souligne qu’elle est présente en Casamance.
En attendant que les futures plantations du projet atteignent leur pleine capacité de production, il propose un système de collecte auprès des différentes zones productrices de Casamance et du reste du Sénégal, en collaboration avec les coopératives de producteurs. Hauteur des manguiers : « Cela ne constitue nullement un blocage »
Souleymane Bassoum avait également soulevé la question de la hauteur des manguiers traditionnels de Casamance et des difficultés de récolte qui peuvent en découler. Youssouph Diatta reconnaît cette réalité mais ne la considère pas comme un obstacle insurmontable. « Ce fait est certes réel mais ne constitue nullement un blocage car il existe des techniques de récolte adaptées pour les mangues destinées au séchage et à la transformation », explique-t-il.
Il préconise notamment la formation des récolteurs et manutentionnaires ainsi que la mise à disposition de moyens logistiques, dont des cageots et des véhicules adaptés, afin de réduire les pertes après récolte.
Il conteste l'argument des « 45 jours »
Autre point de désaccord : la durée de la campagne de mangue. Selon Youssouph Diatta, les « 45 jours » évoqués par Souleymane Bassoum concerneraient essentiellement la variété Kent. Or, souligne-t-il, d’autres variétés peuvent également être utilisées. « Les variétés Keitt et “diourou” sont aussi utilisées pour le séchage et la transformation en d’autres sous-produits comme le “thiakry” de mangue, le jus, etc. », affirme-t-il.
Il estime également que les difficultés de conservation de la mangue fraîche constituent précisément l’une des raisons de développer une industrie de transformation. « Si la mangue fraîche est difficile à conserver comme il dit, ses sous-produits mangue séchée, beurre, jus, etc. ne le sont pas. Et c’est cela l’exploit : transformer à grande échelle, stocker puis commercialiser progressivement », explique Youssouph Diatta.
Selon sa contribution, SM10 Agro prévoit également de transformer d’autres productions agricoles, notamment la banane et d’autres fruits. Youssouph Diatta évoque l’existence, dans la zone, d'une dizaine de plantations de plus de 25 hectares chacune, dont une située à Bambali. Pour lui, cette diversification pourrait permettre à l’unité industrielle de poursuivre ses activités au-delà de la seule saison de la mangue.
Un point d’accord avec Souleymane Bassoum
Youssouph Diatta rejoint néanmoins Souleymane Bassoum sur une proposition : développer des plantations dans plusieurs zones agroécologiques. Une telle organisation permettrait, selon lui, de profiter du décalage des périodes de maturité des mangues d’une zone à l’autre, d’allonger la période d’approvisionnement de l’usine et de mieux maîtriser le coût de la matière première. « Faire ces genres de propositions à SM10 Agro pour la réussite du projet serait mieux que des alertes spectaculaires du genre “ça ne marchera pas” ou “c’est une catastrophe” », estime-t-il.
Pour Youssouph Diatta, les potentialités agricoles ne suffiront toutefois pas à garantir le succès de SM10 Agro. Il insiste sur plusieurs conditions nécessaires au fonctionnement du projet. Outre les équipements et les moyens logistiques, il met l’accent sur « une ressource humaine de qualité dont les compétences sont avérées pour certains postes stratégiques ». Il insiste également sur la rigueur dans la gestion et la mise en œuvre des activités. « Plutôt que de prédire l’échec du projet avant même son démarrage, il serait plus pertinent d’apporter des contributions dans le sens de minimiser les goulets d’étranglement », ajoute Youssouph Diatta.