Altercation à Bruxelles : une plainte déposée contre l’aide de camp de Félix Tshisekedi

Samedi 31 Janvier 2026

Un incident, survenu le 23 janvier dans un restaurant de la capitale belge, a éclaté entre un proche du président congolais et des opposants. Ces derniers ont déposé plainte auprès de la police locale. Explications.


L’incident a eu un certain retentissement sur les réseaux sociaux ; il fait désormais l’objet d’une plainte en bonne et due forme. Dans sa déposition écrite, à laquelle Jeune Afrique a eu accès, l’opposant en exil Claudel André Lubaya affirme que, dans la soirée du 23 janvier, alors qu’il était attablé dans un restaurant du boulevard de Waterloo, à Bruxelles, en compagnie de l’ancien candidat à la présidentielle Seth Kikuni et de Sadiki Lukanda Don Pierrot, un proche collaborateur de Moïse Katumbi, une dizaine d’individus ont fait irruption, se sont dirigés vers leur table et ont proféré des menaces à leur encontre. Claudel André Lubaya est formel : ils ont également menacé de « porter atteinte à [leur] intégrité physique ».

Tabu Eboma Tema mis en cause
Les trois opposants indiquent avoir été contraints de quitter leur table sans que le service de sécurité de l’établissement ou d’autres clients interviennent. Sans, non plus, que les forces de l’ordre aient été immédiatement alertées. Mais si l’affaire a fait grand bruit, c’est parce que le principal mis en cause (accusé de « menaces graves, de séquestration, d’atteinte à la vie privée, de harcèlement et d’intimidation ») n’est autre que Tabu Eboma Tema.


Ce dernier est présenté dans la plainte comme un officier supérieur des Forces armées de la RDC (FARDC), qui aurait la nationalité belge et qui, depuis 2023, est l’aide de camp du président Félix Tshisekedi. Les proches de Tabu Eboma Tema rejettent toutefois les accusations portées contre lui et affirment qu’il a tenté d’apaiser la situation.

Cela n’a pas empêché Claudel André Lubaya, Seth Kikuni et Sadiki Lukanda Don Pierrot de s’émouvoir officiellement du sort qui leur avait été réservé. Trois jours après l’incident, ils ont adressé une lettre aux plus hautes autorités belges : au vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, à la ministre de la Justice, ainsi qu’au ministre de la Sécurité et de l’Intérieur.


Rédigée au nom du Cadre de concertation des forces politiques et sociales (une plateforme qui regroupe des responsables politiques et des membres de la société civile), la missive évoque « des faits d’une gravité exceptionnelle » et une « tentative d’exportation, sur le territoire belge, de méthodes de criminalisation, d’intimidation et de répression [de l’opposition] à caractère extraterritorial ». Ses auteurs demandent l’ouverture d’une enquête et l’introduction, par le biais des canaux diplomatiques, d’une protestation formelle auprès de la RDC.

Elle rappelle également des précédents récents : l’agression, à leur propre domicile, d’un militant politique et d’un journaliste congolais critiques du pouvoir, ainsi qu’une attaque à l’explosif contre le domicile d’une influenceuse, en 2024.

L’incident du 23­ janvier s’inscrit dans un climat de défiance accrue entre le pouvoir congolais et une partie de l’opposition, active en Europe et particulièrement en Belgique, où vit une importante diaspora.

Ancien député national et figure politique du Kasaï, Claudel André Lubaya anime avec Seth Kikuni le Cadre de concertation des forces politiques et sociales, lequel appelle régulièrement à l’organisation d’un dialogue national inclusif et dénonce ce qu’il perçoit comme une répression transfrontalière visant des opposants en exil. Les autorités belges se retrouvent donc au cœur d’un dossier qui mêle sécurité intérieure et protection des libertés, sur fond de relations diplomatiques délicates avec Kinshasa.
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