Allemagne: l'ex-chef du renseignement extérieur arrêté pour espionnage et trahison

Mercredi 7 Octobre 2026

Des soupçons d’espionnage au sommet du renseignement allemand. August Hanning, l'ancien patron du Service fédéral de renseignement (BND), et son ancien directeur de cabinet ont été arrêtés mardi 6 octobre. Ils sont soupçonnés d’avoir organisé un trafic de documents secrets pendant plus de dix ans.

Selon le parquet fédéral, August Hanning, qui était à la tête du renseignement allemand entre 1998 et 2005, aurait passé un accord avec Manfred D., son ancien directeur de cabinet. Depuis 2010, ce haut responsable est suspecté d'avoir transmis à August Hanning des informations hautement sensibles contre rémunération. 

L'ancien chef du renseignement extérieur, devenu consultant dans le privé, aurait ensuite exploité ces informations à des fins lucratives. Au total, quelque 2 000 documents auraient fuité. L’affaire pose aussi une question : comment ces fuites ont-elles pu durer aussi longtemps ? L’ancien directeur de cabinet est resté en poste au renseignement extérieur jusqu'en mars 2026.

La Russie n'aurait pas bénéficié des informations
Si le communiqué du parquet ne précise pas quels pays étrangers ont pu bénéficier de ces informations, l'affaire porte un coup au renseignement allemand, qui cherche à gagner en capacité d'action face à la menace croissante, selon Berlin, que représente la Russie avec ses activités d'espionnage et de sabotage.



Ce n'est cependant pas Moscou qui aurait bénéficié des activités des deux suspects, selon des informations obtenues par l'AFP. La télévision publique allemande affirme, elle, que « les documents seraient des rapports hautement sensibles, concernant le programme nucléaire iranien ou encore l'armée russe ».

Selon le communiqué du parquet, August Hanning aurait utilisé des contenus classés secrets pour rédiger une analyse pour un « officier d'un service de renseignement étranger ». En outre, il aurait été « en contact étroit avec un représentant d'un autre service de renseignement étranger ».

Selon le magazine Der Spiegel, cette analyse écrite aurait été destinée à un agent du renseignement d'Azerbaïdjan.
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