Alerte sur les Airbus A320neo et A350 : un défaut mécanique pourrait provoquer l’arrêt d’un moteur en plein vol

Mercredi 12 Aout 2026

Un défaut mécanique affectant le système d’arrêt d’urgence des moteurs de certains avions Airbus suscite l’attention des autorités de l’aviation et des compagnies aériennes. Le syndicat britannique des pilotes BALPA a alerté, début août 2026, sur un problème pouvant, dans certaines circonstances, entraîner l’arrêt intempestif d’un moteur en vol sur des Airbus A320neo et A350.

L’alerte fait suite à plusieurs incidents au cours desquels le bouton incendie moteur, une commande essentielle du poste de pilotage, s’est retrouvé activé sans intervention volontaire de l’équipage.

Une commande essentielle au fonctionnement de l’avion

Installé sur le panneau supérieur du cockpit, le bouton incendie moteur est utilisé en cas d’incendie ou de grave anomalie affectant un réacteur. Son activation permet notamment de couper l’alimentation en carburant ainsi que certains circuits électriques et pneumatiques associés au moteur.

Normalement protégé et conçu pour ne pouvoir être actionné que volontairement par les pilotes, ce dispositif présente toutefois une vulnérabilité mécanique qui pourrait provoquer son déclenchement en vol.

Selon le BALPA, la goupille chargée de maintenir le mécanisme en position peut se déformer. Sous l’effet des vibrations, cette déformation pourrait permettre au mécanisme de se libérer et entraîner l’activation du système d’isolement du moteur.

Deux incidents ont mis en évidence le problème

Le premier incident signalé remonte au 1er décembre 2024. Un Airbus A320neo d’Air New Zealand avait rencontré un problème en vol, obligeant l’équipage à lancer un appel de détresse et à dérouté l’appareil vers Auckland. L’enquête menée par la Commission d’enquête sur les accidents de transport de Nouvelle-Zélande a conclu que le bouton incendie moteur s’était activé de manière intempestive. Une goupille de retenue déformée avait été identifiée comme étant à l’origine du problème.

Un deuxième incident s’est produit en février 2026 sur un vol reliant Las Vegas à Londres-Heathrow. Alors que l’appareil survolait le Canada, un moteur s’est arrêté en vol. L’équipage a constaté que le bouton incendie était sorti de sa position normale et est parvenu à redémarrer le moteur.

Ces événements ont conduit les autorités et le constructeur à renforcer les contrôles sur les appareils équipés du système concerné.

Airbus lance une campagne d’inspection

L’Agence européenne pour la sécurité aérienne et Airbus ont demandé des inspections des systèmes concernés sur certains appareils de la famille A320. Les compagnies doivent vérifier l’état des mécanismes et remplacer les éléments présentant une anomalie, notamment les goupilles déformées.

Airbus assure prendre le problème au sérieux. « La sécurité est notre priorité absolue », affirme le constructeur, qui indique avoir travaillé avec son fournisseur sur des mesures préventives et correctives concernant les A320.

Les opérations d’inspection pourraient s’étaler jusqu’en novembre 2027.

Les A350 également concernés

Le problème ne se limite toutefois pas aux A320neo. Des appareils A350 équipés de composants provenant du même sous-traitant font également l’objet de contrôles.

Airbus indique avoir élaboré, avec son fournisseur, des procédures spécifiques d’inspection et de remplacement pour les A350. Une proposition de directive de navigabilité publiée par l’AESA en juillet 2026 vise à rendre ces mesures obligatoires sur l’ensemble de la flotte concernée.

À ce stade, le problème fait donc l’objet d’un suivi renforcé par le constructeur et les autorités de sécurité aérienne afin d’éviter qu’une défaillance mécanique du système d’arrêt incendie ne provoque à nouveau l’extinction intempestive d’un moteur en vol.
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