Afrique du Sud : plus de 25 000 migrants fuient les violences xénophobes

Mardi 30 Juin 2026

L'Afrique du Sud retient son souffle. Ce mardi 30 juin, les autorités ont déployé un impressionnant dispositif sécuritaire à travers le pays pour prévenir d'éventuels débordements, alors que plusieurs organisations hostiles à l'immigration ont fixé un ultimatum aux étrangers en situation irrégulière pour quitter le territoire. Dans un climat marqué par une recrudescence des violences xénophobes, le gouvernement redoute une nouvelle flambée de tensions, après plusieurs semaines d'incidents ayant déjà fait quatre morts et provoqué le déplacement de quelque 25 000 personnes.


L'Afrique du Sud vit l'une de ses journées les plus sensibles de ces dernières années. Ce mardi 30 juin, les autorités ont mobilisé un important dispositif sécuritaire à travers le pays pour prévenir d'éventuels débordements, alors que plusieurs organisations hostiles à l'immigration ont fixé un ultimatum aux étrangers en situation irrégulière pour quitter le territoire. Dans un contexte marqué par une recrudescence des violences xénophobes, le gouvernement craint une nouvelle flambée de tensions.
 

Depuis plusieurs jours, l'inquiétude grandit dans les principales villes du pays, notamment à Johannesburg et Durban, où des manifestations sont annoncées. Si certains Sud-Africains redoutent une nouvelle vague de violences, d'autres espèrent que l'impressionnant déploiement des forces de sécurité permettra d'éviter le pire. Cette nouvelle crise intervient alors que les violences xénophobes ont déjà fait quatre morts et provoqué le déplacement de près de 25 000 personnes ces dernières semaines, selon les autorités. La majorité des déplacés sont des ressortissants du Malawi ayant choisi de quitter le pays par crainte d'être pris pour cible.

Face à cette situation, le gouvernement sud-africain entend éviter un scénario similaire à celui des émeutes de 2021, déclenchées après l'incarcération de l'ancien président Jacob Zuma et qui avaient fait plus de 350 morts. Des milliers de policiers ont ainsi été déployés dans les zones jugées sensibles, tandis que l'armée a été placée en état d'alerte afin d'intervenir en cas de débordement.

Les autorités se sont également appuyées sur des sociétés privées de sécurité. Des hélicoptères survolent les principales agglomérations et un vaste réseau de caméras de surveillance est mobilisé pour suivre en temps réel l'évolution de la situation.

Dans le même temps, les autorités ont fermé le centre de rapatriement volontaire installé à Durban, où des milliers de ressortissants malawites attendaient de regagner leur pays. Le site a été transféré dans le nord de l'Afrique du Sud afin d'éloigner ces migrants des lieux où doivent se tenir les rassemblements.

Pour les étrangers restés sur place, l'angoisse est palpable. Beaucoup redoutent d'être victimes de contrôles d'identité illégaux, d'agressions ou de pillages. Certains commerçants étrangers ont préféré fermer leurs boutiques par précaution, notamment dans le centre de Durban, où les appels à manifester sont les plus nombreux.

Le pasteur Raphael Bahebwa, qui encadre depuis plusieurs semaines un campement de réfugiés devant les bureaux du ministère sud-africain de l'Intérieur, affirme que la peur a laissé place à la résignation.

« Nous attendons de voir ce qu'il va se passer. Les autorités disent qu'elles assureront notre sécurité, mais nous n'avons plus peur de mourir. Si cela arrive, le monde saura que nous étions ici légalement et que nous avons été tués », déclare-t-il.
Cette nouvelle flambée de tensions remet une fois de plus en lumière les défis liés à l'immigration en Afrique du Sud, où les crises économiques, le chômage et les inégalités alimentent régulièrement des actes de violence visant les ressortissants étrangers. Les prochaines heures seront déterminantes pour savoir si le dispositif exceptionnel mis en place par les autorités permettra d'éviter une nouvelle tragédie.

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