Aflatoxine dans le riz : « Ce n'est pas le riz qui est en cause, mais les conditions de conservation », alerte Pape Adama Diouf

Lundi 27 Juillet 2026

Face aux inquiétudes suscitées par les résultats d'une étude de l'Institut de Technologie Alimentaire (ITA) sur la présence d'aflatoxines dans certains échantillons de riz consommés au Sénégal, Pape Adama Diouf appelle à éviter toute psychose. Selon ce doctorant en sciences agronomiques et environnementales, également ingénieur spécialisé en agriculture et titulaire d'un master en Prévention et Gestion des Risques liés à la Sécurité Alimentaire en Afrique, les conclusions de cette étude doivent être interprétées avec prudence.

« Il ne faut surtout pas céder à la panique. Il suffit de revoir les conditions de conservation de cet aliment », affirme le chargé de la communication du Mouvement National des Jeunes de la République des Valeurs (MONJER).

L'expert rappelle que l'aflatoxine n'est pas une substance naturellement présente dans le riz. « L'aflatoxine est une toxine qui ne s'introduit pas seule dans nos aliments. Elle est sécrétée par un champignon, Aspergillus flavus, qui se développe dans des conditions d'humidité et de chaleur favorables à sa prolifération lors de la conservation ou du stockage de certains aliments », explique-t-il.

Pour lui, certaines interprétations relayées dans le débat public sont de nature à créer une confusion préjudiciable. « On ne peut pas dire que notre riz contient de l'aflatoxine, comme l'ont titré certains journaux. Notre économie nationale risque d'en pâtir et les efforts engagés pour atteindre l'autosuffisance alimentaire en riz pourraient être freinés. Il faut comprendre que c'est le riz mal conservé qui peut contenir de l'aflatoxine. La solution consiste donc à améliorer les conditions de conservation et de stockage », insiste-t-il.

Pape Adama Diouf rappelle également que l'étude de l'ITA ne met pas exclusivement en cause la production nationale. « Les analyses ont porté à la fois sur des échantillons de riz importé et de riz local. La toxine a été retrouvée dans les deux catégories, avec des taux de contamination différents. Il ne s'agit donc pas d'un problème propre au riz local », précise-t-il.

Au-delà des résultats de cette étude, il estime que le véritable débat doit porter sur la sécurité sanitaire des aliments au Sénégal. « Cette étude doit surtout nous amener à nous interroger sur la place du Sénégal dans les politiques de sécurité sanitaire des aliments, mais aussi sur le rôle et la responsabilité de la Commission nationale du Codex Alimentarius », soutient-il.

L'universitaire rappelle que les risques de contamination concernent l'ensemble de la chaîne alimentaire. « Nos aliments peuvent être contaminés à tout moment. C'est précisément pour cette raison que le Codex Alimentarius a été mis en place afin de protéger les consommateurs et de garantir un commerce international équitable », explique-t-il.
Dans la même rubrique :