Affaire Pape Cheikh Diallo : le procureur face à une équation délicate

Lundi 9 Février 2026

Au-delà de l’émoi suscité par l’interpellation de douze personnes poursuivies pour association de malfaiteurs, actes contre-nature présumés et transmission volontaire du VIH, l’affaire ouvre désormais un front autrement plus sensible : celui de la gestion sanitaire en milieu carcéral. Les mis en cause doivent être déférés ce lundi au parquet de Pikine-Guédiawaye, tandis que l’enquête de la brigade de recherches de Keur Massar se poursuit, avec d’éventuelles arrestations supplémentaires.

D’après L’Observateur, le procureur Saliou Dicko fait face à une équation délicate. Huit des douze personnes arrêtées sont déclarées séropositives, plaçant les autorités judiciaires et pénitentiaires devant leurs responsabilités en matière de santé publique. « Au-delà des qualifications pénales retenues, la question de la gestion sanitaire en milieu carcéral se pose avec acuité », souligne le quotidien.

L’option privilégiée par le parquet consisterait à assurer une prise en charge médicale appropriée des personnes concernées, dans un cadre strictement contrôlé, afin de prévenir tout risque de contamination, tant entre détenus qu’à l’égard du personnel pénitentiaire. Il ne s’agirait pas de mesures disciplinaires, mais de dispositifs thérapeutiques encadrés, respectueux de la dignité humaine et de la confidentialité médicale.

Toutefois, cette approche, présentée comme une obligation de l’État au regard des droits humains et de la santé publique, pourrait se heurter à une forte pression de l’opinion. Dans un contexte où l’affaire provoque indignation et réactions passionnées, la justice devra composer entre impératifs sanitaires, exigences légales et climat social sous tension.
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