Affaire Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé : ce que l'on sait

Dimanche 8 Février 2026

La Brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Keur Massar a placé en garde à vue, entre les 4, 5 et 6 février 2026, douze personnes présumées impliquées dans une affaire portant notamment sur des faits d’association de malfaiteurs, d’actes qualifiés de contre nature, de transmission volontaire du VIH/sida par rapports sexuels non protégés et de mise en danger de la vie d’autrui.

 

Selon les éléments communiqués par la gendarmerie, les personnes interpellées sont poursuivies à ce stade de la procédure, les faits restant à être établis par l’enquête et l’instruction judiciaire.
 

D’après des informations rapportées par Seneweb, l’exploitation des téléphones portables saisis a permis aux enquêteurs de découvrir des enregistrements audio jugés compromettants, mettant notamment en cause un animateur de télévision et un artiste chanteur. Confronté aux éléments recueillis, l’animateur concerné aurait reconnu certains faits, tout en refusant de communiquer l’identité de ses partenaires. « Je le fais indépendamment de ma volonté parce que c’est une habitude chez moi. Je ne peux plus m’en départir », aurait-il déclaré lors de son audition à la gendarmerie.
 

Toujours selon les mêmes sources, le chanteur Djiby Dramé, interpellé dans le cadre de l’enquête, aurait reconnu certaines implications. Il aurait expliqué aux enquêteurs avoir été victime d’abus sexuels durant son enfance. Lors de son audition, il aurait également indiqué avoir connaissance d’une relation entre l’animateur mis en cause et un employé du secteur bancaire, éléments désormais intégrés au dossier d’enquête.
 

La gendarmerie précise par ailleurs que, sur la base de rapports médicaux versés à la procédure, huit des personnes interpellées seraient séropositives, information qui fait partie des vérifications en cours et qui devra être confirmée par l’instruction.
 

Les douze suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission volontaire du VIH/sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui. Ils devraient être présentés ce lundi au procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, sauf changement de programme.

Face à la médiatisation de ce scandale, le Vice-Président de l’ONG Jamra, Mame Matar Guèye, a tiré la sonnette d’alarme auprès du procureur de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko.

Fidèle à sa posture de défenseur des valeurs morales et religieuses, Mame Matar Guèye a averti que ces dossiers impliquant des personnalités publiques feront l’objet de pressions « venues de l’intérieur du pays et de l’international ». « Je demande aux procureurs Ibrahima Ndoye et Saliou Dicko de faire preuve de fermeté », a-t-il insisté.

Le responsable de Jamra a également rappelé un précédent en 2009, lorsque le gouvernement français était intervenu pour défendre des droits liés à l’orientation sexuelle, soulignant la nécessité pour la justice sénégalaise de rester indépendante et ferme face aux influences extérieures. L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet afin de faire toute la lumière sur les faits et d’identifier d’éventuelles ramifications.

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