Affaire Boffa-Bayotte : le long calvaire judiciaire du journaliste René Capain Bassène… il retrouve la liberté après huit ans de détention

Jeudi 28 Mai 2026

​Diabolisé par une certaine presse dans l'affaire de la tuerie de Boffa Bayotte, le journaliste René Capain Bassène continue de plaider son innocence. Le Comité de Protection des Journalistes (CPJ) a rendu public, ce jeudi 16 janvier, son rapport annuel sur les journalistes incarcérés au Sénégal. D'après ce rapport, René Capain Bassène, condamné à vie en lien avec le massacre survenu en 2018 dans la forêt des Bayottes, en Casamance, est en réalité une victime, et on cherche à briser sa plume."



L’enquête du CPJ suggère que l’emprisonnement de M.Bassène pourrait être lié à ses activités journalistiques. Des documents judiciaires montrent que les procureurs ont mentionné ses appels téléphoniques et courriels avant et après les meurtres dans leurs arguments à charge. Ces éléments ont conduit M.Bassène à être comptabilisé parmi les journalistes emprisonnés dans le monde, selon le recensement annuel du CPJ de 2024. Le Sénégal, malgré l’élection d’un nouveau président et d’un parlement réformateur en 2024, reste l'un des cinq pays africains qui emprisonnent le plus de journalistes, selon le recensement 2023 du CPJ. Le CPJ souligne que René Capain Bassène est victime de sa détermination à dévoiler ceux qui profitent du conflit en Casamance. Il prévoyait de publier un livre intitulé "Un conflit qui nourrit plus qu'il ne tue", dans lequel il aurait détaillé les profits tirés du conflit, incluant ceux réalisés par certains dirigeants locaux, des ONG impliquées dans la négociation de la paix, et les trafiquants de bois illégaux. https://cpj.org/fr/2025/01/le-cpj-revele-des-failles-et-des-incoherences-dans-la-condamnation-pour-meurtre-du-journaliste-senegalais-rene-capain-bassene/  Comme il l’a expliqué au CPJ lors d’entretiens téléphoniques depuis la prison, "Mon principe a toujours été d’aller chercher des informations à la source".

Faux témoignages sous contrainte et interrogatoires brutaux

Les documents judiciaires révèlent d’importantes incohérences concernant les preuves et les témoignages. La gendarmerie a affirmé que le téléphone de Réné Capain Bassène avait été géolocalisé dans la forêt de Boffa Bayotte le jour des meurtres, aux côtés de ceux de plusieurs de ses coaccusés. Cependant, des témoins, y compris l’épouse de M.Bassène et d’autres personnes de la région, ont confirmé que le journaliste se trouvait à Ziguinchor, à plusieurs kilomètres du lieu du massacre. Bassène lui-même a déclaré avoir appris la tragédie à la radio, alors qu’il se trouvait au terrain de football avec un voisin. De nombreux accusés ont contesté les témoignages obtenus lors de leurs interrogatoires, affirmant avoir été soumis à des actes de torture pour les contraindre à signer des aveux. Plusieurs d’entre eux ont confirmé avoir été maltraités, dont Abdou Karim Sagna, un coaccusé, qui a été interrogé sous la menace d’une arme et a dû signer des déclarations falsifiées.


M.Bassène lui-même a rapporté avoir été victime de mauvais traitements après son arrestation. Les gendarmes ont retardé son interrogatoire de quatre jours, pendant lesquels il a été maltraité physiquement. Il a également indiqué avoir été soumis à des sévices, y compris des coups et des décharges électriques. Il a été enfermé dans une cellule insalubre et isolé, sans accès à un avocat pendant les interrogatoires.


Des courriels douteux et l’accusation de liens avec le MFDC
L’accusation repose en partie sur des courriels prétendument envoyés par M.Bassène à des membres du MFDC. Cependant, il a nié toute implication avec le mouvement et a contesté l’authenticité de certains courriels présentés en tant que preuves. L’équipe de défense de M.Bassène a remis en question ces preuves, notamment en ce qui concerne un courriel envoyé après son arrestation, période pendant laquelle il n’avait aucun accès à un téléphone ou à internet. Malgré les épreuves et la durée de son incarcération, M.Bassène reste déterminé à faire valoir son innocence. En attendant son appel devant la Cour suprême, il continue de se consacrer à ses activités intellectuelles à la prison de Ziguinchor, en lisant, écrivant et aidant d’autres détenus. Il a déclaré au CPJ : "Je suis prêt à passer ma vie en prison, mais ce que je ne supporte pas, c’est l’injustice de m’entendre dire que je n’ai pas été arrêté à cause de mon travail de journaliste." 


Après plus de huit années passées derrière les barreaux, le journaliste d’investigation René Capain Bassène a retrouvé la liberté le mercredi 27 mai 2026. Sa libération, obtenue grâce à une grâce présidentielle accordée par le président Bassirou Diomaye Faye, vient clore l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles et controversés de la Casamance. Cette affaire, qui a débuté par un massacre d’une rare violence dans la forêt de Boffa-Bayotte, a profondément marqué la région de Ziguinchor et l’opinion nationale. Le 6 janvier 2018, quatorze exploitants forestiers partis chercher du bois dans la forêt de Boffa-Bayotte, au sud de Ziguinchor, furent pris en embuscade par des assaillants armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le bilan dressé par la gendarmerie nationale fut dramatique : « 14 morts constatés, 7 blessés et trois personnes qui réussiront à s’échapper indemnes ». Les victimes avaient été « regroupées, couchées par terre et sauvagement exécutées », selon les autorités.


Après l'affaire des e-mails truqués et des cas de torture, de nouvelles incohérences émergent dans le dossier de l'affaire Boffa Bayotte. Sur les 30 personnes arrêtées, seulement deux ont été condamnées, tandis que d'autres ont été acquittées en raison de l'absence de preuves malgré les charges qui pesaient sur elles. Premièrement, parmi les personnes arrêtées se trouvait Seyni Sané, âgé de 80 ans, le chef du village de Toubacouta. Il était accusé d'avoir participé à une réunion contre les coupeurs de bois. Cependant, en réalité, il n’avait pas mis les pieds dans ce village depuis plus de 30 ans pour des raisons de sécurité. Dans leur traque impitoyable, le vieil homme a été emprisonné et est décédé en détention.

Deuxièmement, contrairement aux informations largement diffusées par la presse entre 2018 et 2024, la gendarmerie ne s'est jamais rendue sur les lieux du crime pour constater les corps ou les extraire. Cette même presse a même utilisé des photos prétendument prises sur les lieux, mais les vérifications de exckusif.net ont révélé que ces images provenaient d’Ituri et de Beni, dans le Nord-Kivu en République Démocratique du Congo, et datent de 2014



Quelques jours  après du drame, 30 personnes furent arrêtées, dont 16 placées sous mandat de dépôt. Elles étaient poursuivies pour 14 chefs d’inculpation, parmi lesquels l’association de malfaiteurs, l’assassinat, la participation à un mouvement insurrectionnel et la détention illégale d’armes feu. Le procès, ouvert à Ziguinchor. En première instance, le tribunal prononça la réclusion criminelle à perpétuité contre René Capain Bassène, et Oumar Ampoye Bodian.: César Atoute Badiate, chef militaire du MFDC condamné par contumace,  Au lendemain de cette condamnnation le Chef rebelle se retrouve avec Macky Sall sur la meme table pour négocier pour le retour de la paix en Casamance


Mais en appel, le jeudi 29 août 2024, la cour confirma la peine de perpétuité contre René Capain Bassène, tandis qu’Oumar Ampoye Bodian fut libéré. Bassène se retrouva ainsi seul derrière les barreaux dans ce dossier. Tout au long de la procédure, il n’a cessé de clamer son innocence, dénonçant une « profonde injustice » et affirmant qu’il n’avait aucun lien avec les assaillants. D'ailleurs les avocats de la défence avaient défié le parquet de sortir des preuves sur l'implication de leurs clients dans cette tuerie. Bref aucune  prueve n'a été brandi.

Ne voulant pas étre l'agneau du sacrificie plusieurs des greves de faim entre 2023 et 2024  pour protester contre ses conditions de détention mais aussi accuse la main politique dans ce dossier dont celui qui a été considéré comme avoir envoyé le groupe armé pour tuer des bicherons négocie avec le régime de l'APR de Macky Sall. « Je refuse de mourir en silence dans l’ombre d’une erreur judiciaire », avait-il confié à ses proches, selon des témoignages relayés par la presse.

Depuis l'arrivée de Diomaye  au pouvoir plusieurs bonnes volontés ont alerté le régime sur les non dits de ce que certains considère comme une cabale. Sa libération, intervenue ce 27 mai 2026, apparaît comme un geste fort du président Bassirou Diomaye Faye. Elle met fin à un long feuilleton judiciaire qui a marqué la région de Ziguinchor et ravivé les débats sur la justice, la mémoire collective et le processus de paix en Casamance. Pour de nombreux observateurs, cette grâce présidentielle constitue à la fois un signal d’apaisement et une victoire symbolique pour la liberté de la presse, rappelant l’importance de protéger les journalistes dans les zones de conflit.




Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait notamment qualifié sa condamnation de l’une des pires erreurs judiciaires du Sénégal, estimant qu’un journaliste ayant consacré sa carrière à documenter le conflit casamançais ne pouvait être impliqué dans un tel crime. Auteur de trois ouvrages sur le conflit entre le MFDC et l’État du Sénégal, Bassène avait par ailleurs subi une intervention chirurgicale au tympan droit en juin 2025 à l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar, une perforation attribuée par ses soutiens à des conditions de garde à vue jugées difficiles en 2018 et a saubi des tortures lors de son audition. Ce tratiement a été presque dénoncé par tous les détenus dont un a rendu. Dans ce dossier dont les enquete ont conduites par le colonel Issa Diack venu à l'époque de Dakar  est considéré la plus grande injustice de l'histoire. Car beaucoup de famille se sont discoloquer une dizaine inoncents qui ont été envoyé en prison des années ont relaxé lors du premier procès par le juge. Cette diabolisation a été rendue possible grace à une certaine presse. Certainement René Capain reviendra un jour sur ce manquement 

Longtemps présenté par une partie de la presse comme l’un des cerveaux présumés du massacre de Boffa-Bayotte, le journaliste d’investigation René Capain Bassène n’a jamais cessé de clamer son innocence. Après plus de huit années passées derrière les barreaux, il a finalement retrouvé la liberté le mercredi 27 mai 2026 grâce à une grâce présidentielle accordée par Bassirou Diomaye Faye. Cette libération relance le débat autour de l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de la Casamance, marqué par des accusations de torture, des incohérences dans l’enquête et des interrogations persistantes sur le traitement réservé au journaliste.

Le massacre de Boffa-Bayotte

Le 6 janvier 2018, quatorze exploitants forestiers partis chercher du bois dans la forêt de Boffa-Bayotte, au sud de Ziguinchor, tombent dans une embuscade attribuée à des éléments supposés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le bilan communiqué par la gendarmerie est lourd : 14 morts, plusieurs blessés et des survivants traumatisés. Quelques jours après le drame, une vaste vague d’arrestations est lancée. Trente personnes sont interpellées, dont seize placées sous mandat de dépôt. Elles sont poursuivies pour plusieurs chefs d’inculpation, notamment association de malfaiteurs, assassinat, participation à un mouvement insurrectionnel et détention illégale d’armes à feu. Parmi les personnes arrêtées figure René Capain Bassène, journaliste connu pour ses enquêtes sur le conflit casamançais et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à cette crise.

Un journaliste qui dérange

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui a consacré une partie de son rapport annuel à l’affaire, l’emprisonnement du journaliste pourrait être lié à ses activités professionnelles. Le CPJ affirme que René Capain Bassène préparait un ouvrage intitulé « Un conflit qui nourrit plus qu’il ne tue », dans lequel il comptait révéler les intérêts économiques alimentés par le conflit en Casamance, notamment autour du trafic de bois et des réseaux d’influence. « Mon principe a toujours été d’aller chercher des informations à la source », avait confié René Capain Bassène lors d’un entretien téléphonique accordé au CPJ depuis sa cellule. L’organisation internationale estime également que plusieurs éléments retenus contre lui reposaient essentiellement sur ses appels téléphoniques et ses échanges électroniques avant et après le massacre.

Des incohérences soulevées par la défense

Au fil de la procédure judiciaire, les avocats de la défense ont dénoncé de nombreuses incohérences dans le dossier. La gendarmerie avait notamment affirmé avoir géolocalisé le téléphone du journaliste dans la forêt de Boffa-Bayotte au moment des faits. Mais plusieurs témoins, dont son épouse et des habitants de la région, ont soutenu que René Capain Bassène se trouvait à Ziguinchor ce jour-là. Le journaliste avait lui-même expliqué avoir appris la nouvelle du massacre à la radio alors qu’il se trouvait sur un terrain de football avec un voisin. D’autres éléments ont également suscité des interrogations, notamment des courriels présentés comme preuves de liens avec le MFDC. La défense a contesté leur authenticité, soulignant que certains messages auraient été envoyés alors que le journaliste était déjà en détention, sans accès à internet ni à un téléphone.

Torture et aveux contestés

Plusieurs coaccusés ont affirmé avoir subi des mauvais traitements durant leur garde à vue. Certains ont déclaré avoir été forcés de signer des procès-verbaux sous la contrainte. René Capain Bassène a lui aussi dénoncé des actes de torture. Selon ses déclarations, il aurait été frappé, soumis à des décharges électriques et détenu dans des conditions difficiles après son arrestation.Des accusations similaires ont été formulées par d’autres détenus impliqués dans le dossier, alimentant les critiques contre la conduite de l’enquête. Lors du procès en première instance, René Capain Bassène et Oumar Ampoye Bodian sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. De nombreux autres accusés seront cependant acquittés faute de preuves suffisantes. En appel, le jeudi 29 août 2024, la cour confirme la condamnation à perpétuité contre René Capain Bassène, tandis qu’Oumar Ampoye Bodian est libéré. Le journaliste reste alors le seul détenu dans cette affaire. Tout au long de son incarcération, il multiplie les grèves de la faim pour dénoncer ce qu’il considère comme une erreur judiciaire. « Je refuse de mourir en silence dans l’ombre d’une erreur judiciaire », avait-il déclaré à ses proches, selon plusieurs témoignages relayés dans la presse.

Des zones d’ombre persistantes

Au fil des années, plusieurs éléments ont ravivé les controverses autour du dossier. Parmi eux figure le cas de Seyni Sané, un chef de village âgé de 80 ans arrêté dans le cadre de l’enquête avant de décéder en détention. Des médias ont également contesté certaines images diffusées comme étant celles du massacre. Selon des vérifications effectuées par certains journalistes, plusieurs photographies provenaient en réalité de la République démocratique du Congo et dataient de plusieurs années avant les événements de Boffa-Bayotte.https://www.exclusif.net/Tuerie-de-Boffa-Bayotte-Quand-la-presse-senegalaise-utilise-des-images-de-conflits-armes-en-Afrique-centrale-pour_a35474.html Par ailleurs, des observateurs ont pointé du doigt le paradoxe entre certaines poursuites judiciaires et les discussions engagées parallèlement avec des responsables supposés du MFDC dans le cadre du processus de paix en Casamance.



Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, plusieurs voix de la société civile, du monde médiatique et des organisations de défense des droits humains avaient plaidé pour une révision du dossier. La grâce présidentielle accordée à René Capain Bassène est perçue par certains comme un geste d’apaisement et une reconnaissance implicite des nombreuses zones d’ombre entourant cette affaire. Le Comité pour la protection des journalistes avait qualifié sa condamnation comme l’un des dossiers les plus préoccupants concernant la liberté de la presse au Sénégal.

Auteur de plusieurs ouvrages sur le conflit casamançais, René Capain Bassène avait également subi une intervention chirurgicale au tympan droit en juin 2025 à l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar, après des problèmes de santé attribués par ses soutiens aux conditions de détention et aux sévices dénoncés durant sa garde à vue. Sa libération remet aujourd’hui au centre du débat les questions liées à la justice, aux droits humains, à la liberté de la presse et au traitement judiciaire des dossiers liés au conflit en Casamance
Dans la même rubrique :