Achoura au Sénégal : l’Imam Assane Seck clarifie les recommandations religieuses et dénonce les dérives

Jeudi 25 Juin 2026

Ce jeudi 25 juin, la communauté musulmane célèbre l'Achoura, qui correspond au dixième jour du mois de Muharram, premier mois du calendrier lunaire musulman. À cette occasion, l'imam Assane Seck, de la mosquée de la Cité Baobab à Grand Mbao et spécialiste du droit islamique, est revenu sur les enseignements authentiques liés à cette journée, tout en mettant en garde contre certaines pratiques qu'il juge contraires aux préceptes de l'islam.


Selon le religieux, le jeûne de l'Achoura est une pratique fortement recommandée par la tradition prophétique. « Le terme Achoura désigne le dixième jour du premier mois de l’année du calendrier lunaire musulman. À l’unanimité de tous les oulémas, sur la base des textes prophétiques, il est recommandé de jeûner », explique-t-il.

L'imam précise que plusieurs formules sont admises pour accomplir ce jeûne. « Cela peut se faire soit le neuvième et le dixième jour, soit le dixième et le onzième, soit le neuvième, le dixième et le onzième, ou bien le dixième seulement », indique-t-il.

Au-delà du jeûne, une autre pratique est souvent évoquée à l'occasion de cette journée : le fait de faire preuve de générosité envers les membres de sa famille en leur offrant une nourriture plus abondante. Toutefois, l'imam souligne que cette recommandation ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes des sciences islamiques.

« Une autre recommandation liée à Achoura est le fait de faire preuve de largesse en nourriture envers les membres de sa famille. Mais il faut signaler que cette recommandation ne fait pas l’unanimité entre tous les savants », précise-t-il.

Il explique cette divergence par la faiblesse de la chaîne de transmission du hadith rapporté à ce sujet.. « Le hadith qui est rapporté à ce sujet a une chaîne de transmission très faible. Ce qui fait que certains ne le considèrent pas, alors que d’autres le considèrent, tels que des savants de l’école malikite. Je peux citer Ibn Habib, Al-Lakhmi et d’autres », ajoute l'imam.

Au Sénégal, l'Achoura est également marquée par certaines coutumes populaires. Il n'est pas rare de voir des hommes porter des vêtements féminins et des femmes revêtir des habits d'hommes pour parcourir les quartiers afin de solliciter des dons ou de l'aumône. Pour l'imam Assane Seck, ces pratiques n'ont aucun fondement religieux et doivent être abandonnées.

« Il faut signaler ici aussi et réprouver fortement qu’il y a des hérésies et des pratiques liées à Achoura tout à fait contraires aux enseignements de l’islam, tel que le fait que des hommes portent des habits de femmes ou vice versa. Qu’Allah nous facilite de bien célébrer Achoura », prie-t-il.

exclusif net
Dans la même rubrique :