Accord avec le FMI : l’APR enterre le débat sur la « dette cachée »

Jeudi 3 Septembre 2026

L’Alliance Pour la République (APR) est sortie de son silence après l’accord conclu au niveau des services entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Réuni jeudi 3 septembre 2026, son Secrétariat exécutif national (SEN) a pris acte de cette évolution tout en décochant plusieurs flèches contre le pouvoir. L’ancien parti au pouvoir conteste toujours le niveau de dette annoncé, réclame la publication de plusieurs rapports et met en garde contre d’éventuelles mesures d’austérité. Sur le plan politique, l’APR réaffirme son ancrage dans l’opposition et affiche clairement son objectif : la « reconquête du pouvoir en 2029 ».


Pour l’APR, l’accord avec le FMI intervient après une longue période d’incertitude dans les relations entre Dakar et l’institution financière internationale. Le parti de l’ancien président Macky Sall affirme prendre acte de « l’accord trouvé entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), au titre de la Facilité élargie de crédit, après plus de deux années de tergiversations, d’affabulations et de gestion erratique des finances publiques ».

Dans une charge contre la ligne économique défendue par les nouvelles autorités, le SEN estime que cet accord « confirme que la rengaine souverainiste ne saurait tenir lieu de politique économique et de gestion sérieuse de l’État ».

Malgré ces critiques, l’APR dit espérer que le programme permettra « de rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, de réduire les vulnérabilités budgétaires, d’accroître les dépenses sociales et de soutenir une croissance durable tirée par le secteur privé ».

« La dette cachée » serait « définitivement enterrée »

Le communiqué revient longuement sur l'un des sujets les plus conflictuels entre l'ancien régime et le nouveau pouvoir : la situation réelle de la dette publique. Pour l’APR, « le retour du FMI survient à un moment où le débat sur la “dette cachée” est définitivement enterré par ses théoriciens et le pouvoir politique ». Le parti va plus loin en estimant que cette situation « démontre qu’elle n’était qu’une construction politicienne bien plus qu’une réalité économique ». Il s'agit de la position de l'APR, alors que la question de la dette et des informations financières publiques a fait l'objet de constats et d'évaluations institutionnels que le parti conteste en partie.

L’APR rejette notamment le niveau d’endettement avancé par les nouvelles autorités : « L’APR conteste une nouvelle fois le chiffre évoqué d’une dette de 132 % du PIB ». Elle réclame parallèlement « la publication du rapport de l’IGF, du rapport provisoire de la Cour des comptes et du rapport Mazars ».

L’APR met en garde contre l’austérité

Autre préoccupation exprimée : le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Le parti exige que le gouvernement dévoile clairement les contours de cette stratégie. « Le SEN exige du gouvernement de faire œuvre de transparence sur le Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS) et de surseoir à toute mesure d’austérité vis-à-vis des populations », indique le communiqué.

L’ancien parti au pouvoir se félicite par ailleurs du rétablissement annoncé des Bourses de sécurité familiale, dispositif qu’il rappelle avoir lancé en 2013 sous le régime de Benno Bokk Yaakaar. Mais l’APR met en garde contre ce qu’elle qualifie de « supercherie en cours ». « Les Bourses ne sauraient être une alternative à la suppression des subventions, notamment sur l’énergie, et ainsi devenir un mécanisme par lequel le gouvernement retire d’une main ce qu’il donne par l’autre », prévient le SEN.

« Le pouvoir n’a plus aucun prétexte »

Avec la perspective d’un nouveau programme avec le FMI, l’APR considère que les autorités doivent désormais se concentrer sur les résultats économiques et sociaux. « Le pouvoir n’a plus aucun prétexte et doit s’atteler au travail pour transformer qualitativement la vie des Sénégalais », lance le parti. L’APR appelle notamment à une nouvelle dynamique de relance économique reposant sur de grands projets d’infrastructures « routières, énergétiques, universitaires, hospitalières » ainsi que sur « une politique sociale ambitieuse et efficace ».



Au-delà de l’économie, le SEN a profité de sa réunion pour clarifier la stratégie politique de l’APR. « Le SEN réaffirme l’ancrage de l’APR dans l’opposition républicaine », affirme le communiqué, qui fixe également l'objectif de la formation : « offrir une alternative aux Sénégalais pour une Reconquête du pouvoir en 2029 ».

L’APR assure, à ce titre, qu’elle n’est engagée « ni dans des négociations souterraines ni dans des manœuvres sur le dos des populations ». Le parti annonce la poursuite de la vente des cartes, du montage des comités et des opérations de mobilisation en perspective des prochaines échéances électorales. Face aux départs enregistrés dans ses rangs, le SEN prévient également : « Il sera procédé au remplacement, sans délai, de tous ceux qui ont quitté le Parti ».

Des délégations seront ainsi envoyées dans les départements afin de transmettre la ligne officielle de la formation et de remobiliser les militants. Pour l’APR, la présidentielle de 2029 se prépare dès maintenant. Le parti estime que « les mois qui nous séparent de l’échéance présidentielle de 2029 vont s’avérer décisifs » et entend se positionner comme une « alternative ambitieuse et réaliste » au pouvoir actuel.
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