Abdoulaye Wilane : « La transhumance politique fragilise notre démocratie »

Samedi 1 Aout 2026

Le porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane, monte au créneau contre la multiplication des ralliements politiques vers la majorité présidentielle. Dans un entretien accordé à L'Observateur, l'ancien député estime que la banalisation de la transhumance affaiblit les fondements de la démocratie sénégalaise et appelle les responsables politiques à rester fidèles à leurs convictions.

Pour Abdoulaye Wilane, le débat dépasse largement les personnes concernées par les changements de camp. Ce qui l'inquiète, explique-t-il, c'est la normalisation d'une pratique qu'il juge nuisible à la crédibilité de la vie politique. « Je ne dénonce pas des personnes ; j'interpelle une pratique qui, à force de se banaliser, fragilise notre démocratie », affirme le porte-parole du Parti socialiste.

S'il reconnaît que la transhumance n'est pas un phénomène nouveau au Sénégal, il estime que son accélération et la manière dont elle est aujourd'hui présentée comme une vertu politique constituent une évolution préoccupante.

Se réclamant de l'héritage politique de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Ousmane Tanor Dieng, il insiste sur l'importance de la fidélité aux engagements politiques. « Notre démocratie a besoin de partis solides et de responsables constants dans leurs convictions », soutient-il.

Interrogé sur les différences entre les pratiques actuelles et celles observées sous les précédents régimes, notamment durant les années où le Parti socialiste était allié au président Macky Sall, Abdoulaye Wilane estime que les principes ne doivent pas varier selon que l'on exerce le pouvoir ou que l'on se trouve dans l'opposition. « L'histoire politique du Sénégal montre que la transhumance a traversé plusieurs régimes. Les principes ne changent pas selon que l'on est au pouvoir ou dans l'opposition », rappelle-t-il.

Concernant la proposition de loi annoncée par le député Amadou Ba de Pastef, visant à retirer leur mandat aux élus qui changent de camp politique en cours de mandat, le responsable socialiste adopte une position nuancée.

Tout en jugeant légitime la volonté de moraliser la vie publique, il estime qu'une telle réforme doit respecter les principes constitutionnels. « Une telle réforme doit respecter la Constitution et les principes de l'État de droit. Elle mérite un débat approfondi et un large consensus », plaide-t-il. Abdoulaye Wilane réaffirme que le renforcement de la démocratie passe avant tout par le respect de la parole donnée et la fidélité aux convictions politiques.
exclusif net
Dans la même rubrique :