Abdoulaye Fall Mao charge Pastef : « Mon fils est en prison, les enfants de Sonko sont au Canada

Mercredi 23 Septembre 2026

Alors que son fils Ousseynou Fall, alias « Caporal Fall », a été placé sous mandat de dépôt, Abdoulaye Fall Mao est sorti de son silence. Le père de l’ancien militaire, qui se présente comme concepteur de la Coalition Diomaye Président et coordinateur départemental de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, demande pardon aux Sénégalais pour les propos de son fils sur l’armée. Il met également directement en cause Pastef, qu’il qualifie de « secte politique », et déplore : « Aujourd’hui, mon fils est en prison. Les enfants de Sonko sont au Canada. »

L’affaire Ousseynou Fall prend une dimension familiale et politique. L’ancien caporal, devenu militant de Pastef et chroniqueur sur une chaîne YouTube, a été placé sous mandat de dépôt mardi 22 septembre par le juge d’instruction du troisième cabinet du tribunal de Dakar. Plusieurs médias rapportent qu’il a été inculpé notamment pour diffusion de fausses nouvelles par voie de presse. Les sources consultées divergent toutefois sur l’autre qualification retenue à ce stade : certaines évoquent la mise en danger de la vie d’autrui, tandis que des informations antérieures faisaient état de diffamation envers les armées.

Son père, Abdoulaye Fall Mao, a choisi de prendre publiquement la parole depuis Thiès. Ancien militaire selon ses déclarations, il commence par présenter ses excuses aux Sénégalais.

« Je reconnais personnellement avoir eu tort, car mon fils, l’ex-caporal Ousseynou Fall, blessé en service militaire puis libéré à la suite d’une décision de l’autorité militaire, a tenu des propos que je considère comme fautifs. En tant que père, je reconnais cette faute et je demande humblement pardon à l’ensemble des Sénégalaises et des Sénégalais, sans distinction », déclare-t-il.

« Mon fils est sous l’influence d’une secte politique »

Abdoulaye Fall Mao va plus loin en mettant en cause l’environnement politique de son fils. L’organisation qu’il vise est Pastef, formation au sein de laquelle Ousseynou Fall est présenté comme militant.

Le père affirme considérer son fils comme étant sous l’influence de ce parti, qu’il qualifie, sous sa seule responsabilité, de « secte politique » et d’organisation « très dangereuse ». Il lance un appel afin que son fils, dit-il, puisse s’en éloigner et retrouver sa famille.

Dans la même veine, Abdoulaye Fall Mao déplore la situation actuelle de son fils et lance : « Aujourd’hui, mon fils est en prison. Les enfants de Sonko sont au Canada. » Cette déclaration constitue une prise de position politique de sa part ; les éléments consultés ne permettent pas d’établir un lien entre la situation judiciaire d’Ousseynou Fall et la situation personnelle des enfants d’Ousmane Sonko.

Le père affirme également qu’aucun responsable de Pastef ne serait venu soutenir son fils depuis son arrestation. Cette affirmation est toutefois contestée par des militants du parti. Dans une réponse publique publiée ce mercredi, Sadikh Traoré, responsable de Pastef à Thiès Nord, affirme que plusieurs militants ont accompagné Ousseynou Fall au cours de la procédure et que certains lui ont rendu visite avant son transfert en détention.

« Ousseynou n’aurait pas dû tenir certains propos »

Sur les déclarations de son fils concernant l’armée, Abdoulaye Fall Mao se montre en revanche critique. « Je reconnais également que, concernant l’armée, mon fils n’aurait pas dû tenir certains propos, d’autant plus qu’il était lui-même militaire », affirme-t-il. Il insiste néanmoins sur le parcours de son fils : « Ousseynou était un militaire digne, comme son père. S’il a fauté, je considère que, comme père, je dois également demander pardon. »

Il sollicite désormais l’intervention des bonnes volontés, des autorités religieuses, de la société civile et de différents acteurs institutionnels pour accompagner sa famille dans cette épreuve.

« Aujourd’hui, ma seule préoccupation est de voir mon fils retrouver sa famille », affirme Abdoulaye Fall Mao, qui conclut son intervention par un nouvel appel : « Je demande pardon à tous les Sénégalais. »
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