À l’ONU, Mamadi Doumbouya appelle l’Afrique à rompre avec les modèles « importés sans discernement »

Jeudi 24 Septembre 2026

Mamadi Doumbouya a profité de son intervention devant l’Assemblée générale des Nations unies pour exposer sa vision du développement africain. Le président guinéen invite le continent à construire des modèles de gouvernance correspondant davantage à ses réalités historiques, sociales et culturelles, tout en plaidant pour une coopération internationale fondée sur la souveraineté et la « co-construction gagnant-gagnant ».


Le message dépasse largement les frontières de la Guinée. À New York, Mamadi Doumbouya a repris l’un des thèmes qu’il avait déjà développés trois ans auparavant devant les Nations unies : la nécessité pour les États africains de définir leurs propres voies de gouvernance et de développement. « Le modèle de gouvernance importé, sans adaptation, sur notre continent, peinait à porter les fruits attendus par nos populations. Je le maintiens », a déclaré le président guinéen.

Pour étayer son propos, Mamadi Doumbouya s’est appuyé sur ce qu’il présente comme les résultats obtenus par la Guinée dans les domaines institutionnel, économique et infrastructurel. Il a notamment cité les infrastructures routières, les écoles et hôpitaux, les projets de transformation de la bauxite, une raffinerie d’or ainsi que le mégaprojet minier et ferroviaire de Simandou.

Le chef de l’État a également présenté Simandou 2040 comme un programme appelé à dépasser la seule exploitation des ressources minières pour soutenir les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation, la santé et l’industrie.



À partir de l’expérience guinéenne qu’il revendique, Mamadi Doumbouya tire une conclusion pour l’ensemble du continent. « Lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu’importés sans discernement, le développement s’accélère », a-t-il affirmé.

Le président guinéen a notamment invité son auditoire à observer les trajectoires de certains pays asiatiques et du Proche-Orient.

Selon lui, ces États « n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité », mais ont plutôt choisi de s’inspirer des expériences étrangères en les adaptant « à leur propre génie national ». « En une génération, ils ont accompli ce que d’autres ont mis un siècle à réaliser », a-t-il poursuivi.

« L’Afrique peut, elle aussi, emprunter cette voie »

C’est dans ce contexte que Mamadi Doumbouya a formulé son appel au continent. « L’Afrique peut, elle aussi, emprunter cette voie », a-t-il lancé. Le chef de l’État guinéen a toutefois pris soin de préciser que son plaidoyer pour davantage de souveraineté ne signifie pas une rupture avec les partenaires internationaux. « Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale, bien au contraire », a-t-il assuré.

Il réclame plutôt « un partenariat renouvelé, respectueux de la souveraineté de chaque nation, fondé sur la co-construction gagnant-gagnant, plutôt que sur des schémas préétablis qui ignorent nos réalités ».

Cette question de la place de l’Afrique traverse également les débats actuels aux Nations unies. À l’ouverture du débat général, le président de la 81e session de l’Assemblée générale a lui-même souligné la sous-représentation persistante du continent au Conseil de sécurité et appelé à y remédier.

Une Guinée qui veut « avancer avec ses propres moyens »

Mamadi Doumbouya a finalement résumé sa doctrine autour de la souveraineté dans les choix de développement. « La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple », a-t-il déclaré. Conakry entend néanmoins rester, selon lui, « un partenaire fiable, ouvert et engagé envers l’ensemble de la communauté internationale, dans le respect mutuel des souverainetés ».

Au-delà du bilan national présenté à New York, Mamadi Doumbouya souhaite donc faire de l’expérience guinéenne un élément du débat plus général sur les modèles de développement du continent. Son ambition, a-t-il conclu, est qu’elle puisse « inspirer une réflexion plus large sur les voies multiples et légitimes du développement pour notre continent ».
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