Le 28 juillet 2023, à 15h50, Ousmane Sonko était arrêté à son domicile de la cité Keur Gorgui, à Dakar. Cette interpellation, intervenue quelques minutes après la publication d'un message sur ses réseaux sociaux, allait constituer l'un des épisodes les plus marquants de la crise politique sénégalaise de 2023. Trois ans après les faits, retour sur une journée qui a profondément marqué la vie politique du pays.
Quelques instants avant son interpellation, le président de Pastef avait publié un message dans lequel il dénonçait la présence permanente des forces de sécurité devant son domicile et expliquait les circonstances qui, selon lui, avaient conduit à la tension. « À mon retour de la prière du vendredi, ce 28 juillet 2023, des agents des renseignements généraux postés devant mon domicile 24 heures sur 24 se sont mis à me filmer. J'ai arraché le téléphone et demandé à la personne de le déverrouiller et d'effacer les images qu'elle a prises, ce qu'elle refusa. »
Le leader de Pastef affirmait également qu'un important dispositif de la gendarmerie était déployé devant sa résidence. « Présentement, une forte équipe de la gendarmerie fait le guet devant mon domicile, comme vous pouvez le voir, et semble prête à en défoncer la porte. »
Dans le même message, il revenait sur son interpellation quelques semaines plus tôt à Koungheul, au cours de laquelle il affirmait avoir été dépouillé de plusieurs effets personnels.
« Je rappelle aussi que ces mêmes FDS m'ont volé des biens constitués de quatre téléphones portables, d'un ordinateur MacBook Pro, de mon arme avec l'autorisation afférente, d'une valise contenant des habits et d'une somme de deux millions de francs CFA, lors de mon kidnapping à Koungheul. » Il concluait son message en appelant ses partisans à rester mobilisés. « Je demande au peuple de se tenir prêt pour faire face à ces abus sans fin. »
Une arrestation spectaculaire
Quelques minutes après cette publication, des éléments du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) sont intervenus au domicile d'Ousmane Sonko. Selon les informations communiquées à l'époque, ils ont récupéré le téléphone concerné avant de procéder à son arrestation.
Le leader de Pastef a d'abord été conduit à la Section de recherches de Dakar avant d'être transféré à la Brigade des affaires générales du Tribunal de grande instance de Dakar.
Les explications du parquet
Dans un communiqué publié le même jour, le procureur de la République Abdou Karim Gueye avait expliqué les raisons de cette interpellation. Le parquet indiquait avoir relevé, depuis un certain temps, à l'encontre d'Ousmane Sonko « des actes, déclarations, écrits, images et manœuvres sur plusieurs supports et en diverses circonstances », estimant que ces faits étaient susceptibles de constituer des infractions pénales.
Le communiqué ajoutait que, « dans l'après-midi, il a volé avec violence le téléphone portable d'une femme gendarme, dont le véhicule était tombé en panne aux abords de son domicile, et a aussitôt appelé le peuple, par un message subversif divulgué sur les réseaux sociaux, à se tenir prêt ».
À la suite de ces faits, le procureur avait instruit la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar d'ouvrir une enquête pour divers chefs de délits et crimes visant Ousmane Sonko ainsi que toute autre personne susceptible d'être impliquée.
Les réactions de la classe politique
L'arrestation du leader de Pastef avait immédiatement suscité de nombreuses réactions. L'ancienne Première ministre Aminata Touré avait exprimé sa solidarité avec Ousmane Sonko et demandé sa libération. « Je viens d'apprendre l'arrestation d'Ousmane Sonko. Je lui exprime toute ma solidarité et exige sa libération immédiate. » Le président du mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, avait lui aussi dénoncé cette interpellation. « L'arrestation d'Ousmane Sonko vient de nous être communiquée. Le procureur vise, dans un communiqué, une hideuse affaire de vol de téléphone. C'est ridicule ! Le président Bougane Guèye et le Mouvement Gueum Sa Bopp exigent la libération immédiate d'Ousmane Sonko. Restons vigilants. »
En France, Jean-Luc Mélenchon avait également réagi sur les réseaux sociaux.
« Ousmane Sonko arrêté au Sénégal. La machine à régler les comptes politiques par voie de justice et de police est relancée. Le Sénégal mérite mieux. Grande inquiétude. »
La défense dénonce un « prétexte procédural grotesque »Les avocats d'Ousmane Sonko avaient, pour leur part, rejeté les accusations formulées par le parquet.
Dans un communiqué, ils avaient estimé que leur client ne se reconnaissait pas dans les faits qui lui étaient reprochés, dénonçant « un prétexte procédural grotesque » et « une instrumentalisation inacceptable de l'appareil judiciaire ».
Le collectif rappelait également que les dispositions de l'article 341 du Code de procédure pénale prévoyaient l'anéantissement d'un jugement de contumace dès l'arrestation du contumax et affirmait rester mobilisé pour obtenir la libération immédiate de son client.
Le TER suspendu
Dans la soirée du 28 juillet 2023, le Train express régional (TER) avait interrompu son trafic. À la gare de Colobane, les voyageurs avaient été informés de cette suspension sans explication officielle.
Cette décision était largement interprétée comme une mesure préventive face aux tensions susceptibles de suivre l'arrestation du leader de Pastef.
Trois ans après, cette journée demeure l'un des épisodes les plus marquants de la crise politique qui a précédé l'alternance de 2024 et continue d'occuper une place importante dans la mémoire politique récente du Sénégal.
Quelques instants avant son interpellation, le président de Pastef avait publié un message dans lequel il dénonçait la présence permanente des forces de sécurité devant son domicile et expliquait les circonstances qui, selon lui, avaient conduit à la tension. « À mon retour de la prière du vendredi, ce 28 juillet 2023, des agents des renseignements généraux postés devant mon domicile 24 heures sur 24 se sont mis à me filmer. J'ai arraché le téléphone et demandé à la personne de le déverrouiller et d'effacer les images qu'elle a prises, ce qu'elle refusa. »
Le leader de Pastef affirmait également qu'un important dispositif de la gendarmerie était déployé devant sa résidence. « Présentement, une forte équipe de la gendarmerie fait le guet devant mon domicile, comme vous pouvez le voir, et semble prête à en défoncer la porte. »
Dans le même message, il revenait sur son interpellation quelques semaines plus tôt à Koungheul, au cours de laquelle il affirmait avoir été dépouillé de plusieurs effets personnels.
« Je rappelle aussi que ces mêmes FDS m'ont volé des biens constitués de quatre téléphones portables, d'un ordinateur MacBook Pro, de mon arme avec l'autorisation afférente, d'une valise contenant des habits et d'une somme de deux millions de francs CFA, lors de mon kidnapping à Koungheul. » Il concluait son message en appelant ses partisans à rester mobilisés. « Je demande au peuple de se tenir prêt pour faire face à ces abus sans fin. »
Une arrestation spectaculaire
Quelques minutes après cette publication, des éléments du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) sont intervenus au domicile d'Ousmane Sonko. Selon les informations communiquées à l'époque, ils ont récupéré le téléphone concerné avant de procéder à son arrestation.
Le leader de Pastef a d'abord été conduit à la Section de recherches de Dakar avant d'être transféré à la Brigade des affaires générales du Tribunal de grande instance de Dakar.
Les explications du parquet
Dans un communiqué publié le même jour, le procureur de la République Abdou Karim Gueye avait expliqué les raisons de cette interpellation. Le parquet indiquait avoir relevé, depuis un certain temps, à l'encontre d'Ousmane Sonko « des actes, déclarations, écrits, images et manœuvres sur plusieurs supports et en diverses circonstances », estimant que ces faits étaient susceptibles de constituer des infractions pénales.
Le communiqué ajoutait que, « dans l'après-midi, il a volé avec violence le téléphone portable d'une femme gendarme, dont le véhicule était tombé en panne aux abords de son domicile, et a aussitôt appelé le peuple, par un message subversif divulgué sur les réseaux sociaux, à se tenir prêt ».
À la suite de ces faits, le procureur avait instruit la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar d'ouvrir une enquête pour divers chefs de délits et crimes visant Ousmane Sonko ainsi que toute autre personne susceptible d'être impliquée.
Les réactions de la classe politique
L'arrestation du leader de Pastef avait immédiatement suscité de nombreuses réactions. L'ancienne Première ministre Aminata Touré avait exprimé sa solidarité avec Ousmane Sonko et demandé sa libération. « Je viens d'apprendre l'arrestation d'Ousmane Sonko. Je lui exprime toute ma solidarité et exige sa libération immédiate. » Le président du mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, avait lui aussi dénoncé cette interpellation. « L'arrestation d'Ousmane Sonko vient de nous être communiquée. Le procureur vise, dans un communiqué, une hideuse affaire de vol de téléphone. C'est ridicule ! Le président Bougane Guèye et le Mouvement Gueum Sa Bopp exigent la libération immédiate d'Ousmane Sonko. Restons vigilants. »
En France, Jean-Luc Mélenchon avait également réagi sur les réseaux sociaux.
« Ousmane Sonko arrêté au Sénégal. La machine à régler les comptes politiques par voie de justice et de police est relancée. Le Sénégal mérite mieux. Grande inquiétude. »
La défense dénonce un « prétexte procédural grotesque »Les avocats d'Ousmane Sonko avaient, pour leur part, rejeté les accusations formulées par le parquet.
Dans un communiqué, ils avaient estimé que leur client ne se reconnaissait pas dans les faits qui lui étaient reprochés, dénonçant « un prétexte procédural grotesque » et « une instrumentalisation inacceptable de l'appareil judiciaire ».
Le collectif rappelait également que les dispositions de l'article 341 du Code de procédure pénale prévoyaient l'anéantissement d'un jugement de contumace dès l'arrestation du contumax et affirmait rester mobilisé pour obtenir la libération immédiate de son client.
Le TER suspendu
Dans la soirée du 28 juillet 2023, le Train express régional (TER) avait interrompu son trafic. À la gare de Colobane, les voyageurs avaient été informés de cette suspension sans explication officielle.
Cette décision était largement interprétée comme une mesure préventive face aux tensions susceptibles de suivre l'arrestation du leader de Pastef.
Trois ans après, cette journée demeure l'un des épisodes les plus marquants de la crise politique qui a précédé l'alternance de 2024 et continue d'occuper une place importante dans la mémoire politique récente du Sénégal.