2,2 milliards de dollars du FMI : le MEJSM demande des comptes sur le remboursement

Jeudi 3 Septembre 2026

Le Mouvement pour l’Engagement des Jeunes pour un Sénégal Meilleur (MEJSM), dirigé par Cheikh Omar Badji, réagit à l’accord conclu au niveau des services entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Tout en reconnaissant la nécessité de restaurer les équilibres financiers du pays, le mouvement refuse aussi bien le rejet systématique des financements internationaux que leur acceptation sans débat. Il réclame surtout la transparence sur les engagements pris par l’État, le coût réel du financement, le traitement de la dette et les conséquences des réformes sur les populations.


Pour le MEJSM, il convient d’abord de rappeler la nature exacte de l’annonce faite le 1er septembre. L’accord porte sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux (DTS). Mais le mouvement prévient qu’il ne s’agit pas encore d’un financement définitivement acquis. « L’accord reste soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI. Sa mise en œuvre est en outre conditionnée à l’adoption de mesures correctrices dans le dossier de communication d’informations erronées, ainsi qu’à l’obtention des assurances de financement nécessaires auprès des partenaires du Sénégal. Les ressources ne sont donc ni accordées ni disponibles à ce jour », souligne le communiqué.



Sur le principe d’un nouveau programme avec le FMI, le MEJSM refuse de s’enfermer dans une opposition idéologique. « Le MEJSM refuse deux attitudes qui seraient l’une et l’autre dangereuses : le rejet systématique de tout financement international, et l’acceptation aveugle de tout programme financier », affirme le mouvement. Sa position, poursuit-il, est que « le Sénégal doit défendre ses intérêts tout en assumant ses responsabilités financières ».

Le mouvement considère surtout que les fonds attendus ne doivent pas servir uniquement à donner de l’oxygène aux finances publiques. « Les 2,2 milliards de dollars annoncés ne doivent pas être perçus comme une simple bouffée d’oxygène budgétaire. Ils constituent un engagement envers le peuple sénégalais et envers les générations futures », prévient-il.



Le MEJSM insiste particulièrement sur la question de la fiabilité des comptes publics, alors que le futur programme reste notamment lié à des mesures correctrices concernant la communication d’informations financières erronées. Pour Cheikh Omar Badji et son mouvement, cet épisode doit servir à renforcer durablement la gouvernance financière du Sénégal. « La transparence financière ne doit pas être une exigence du FMI. Elle doit être une exigence de la République envers ses citoyens », martèle le MEJSM. Le mouvement réclame notamment une information publique régulière et accessible, une meilleure traçabilité de la dette, le renforcement des contrôles sur les finances publiques et un suivi plus rigoureux des engagements financiers de l’État.

Le MEJSM veut connaître ce que remboursera réellement le Sénégal

Le mouvement soulève également la question du coût du programme pour le contribuable sénégalais. Il rappelle que le montant du concours envisagé est exprimé en DTS et non directement en francs CFA. Le MEJSM estime donc que les citoyens doivent connaître les conditions financières précises du programme, notamment le taux d’intérêt, les commissions, l’échéancier de remboursement et les éventuels risques liés aux variations de change entre le DTS et l’euro auquel le franc CFA est arrimé. « Ces éléments ne relèvent d’aucune polémique. Ils relèvent de l’information due à celui qui remboursera : le contribuable sénégalais », estime le mouvement.


Le MEJSM place par ailleurs l’emploi et les perspectives offertes aux jeunes au centre de ses préoccupations.
« La jeunesse sénégalaise ne doit pas être la variable d’ajustement des politiques économiques. Elle doit être l’un des principaux bénéficiaires de la transformation économique du pays », plaide le mouvement. Il réclame des résultats concrets dans l’emploi, la formation professionnelle, l’entrepreneuriat, l’agriculture, l’industrialisation, l’innovation, le numérique et l’accès au financement. Le mouvement demande également l’ouverture d’un débat national sur la dette et estime que tout nouvel emprunt devrait respecter trois principes : « Nécessité. Efficacité. Transparence. »

« Se réformer sans sacrifier les plus vulnérables »

Le MEJSM appelle enfin le Gouvernement à ouvrir un dialogue économique national associant notamment la société civile, les organisations de jeunesse, le secteur privé, les universitaires, les économistes, les collectivités territoriales et les citoyens. « Les réformes économiques ne peuvent être durablement acceptées et appliquées que si elles sont expliquées, débattues et comprises », soutient-il.

Le mouvement résume sa ligne en trois exigences : « Le Sénégal doit coopérer avec ses partenaires sans renoncer à ses priorités nationales. Le Sénégal doit se financer sans compromettre l’avenir des générations futures. Le Sénégal doit se réformer sans sacrifier les plus vulnérables ». Pour le MEJSM, l’enjeu dépasse donc les seuls 2,2 milliards de dollars annoncés : « Il s’agit de déterminer quel modèle économique nous voulons construire et quel Sénégal nous souhaitons transmettre à la génération suivante »
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