Le 22 février 2002 reste une date charnière dans l’histoire contemporaine de l’Angola. Ce jour-là, le docteur Jonas Savimbi, chef de guerre nationaliste et leader historique de l’UNITA (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), est tué lors d’une opération militaire menée par les forces gouvernementales angolaises dans l’est du pays.
Avec sa disparition, c’est l’un des principaux protagonistes de la longue guerre civile angolaise qui s’éteint, ouvrant la voie à la signature d’un cessez-le-feu quelques semaines plus tard et à la fin officielle d’un conflit ayant duré près de trois décennies.
Né en 1934, Jonas Savimbi se distingue d’abord par un parcours académique solide. Il poursuit des études en Europe et obtient un doctorat en sciences politiques à Lausanne, en Suisse. Il bénéficie également d’une formation politique et militaire en Chine, à l’époque de Mao Zedong, dans un contexte de luttes anticoloniales marquées par les rivalités idéologiques de la guerre froide.
En 1966, il fonde l’UNITA, mouvement nationaliste engagé dans la lutte contre la domination coloniale portugaise. À l’indépendance de l’Angola en 1975, le pays bascule rapidement dans une guerre civile opposant l’UNITA au MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), dirigé à l’époque par Agostinho Neto.
Une guerre au cœur de la guerre froide
Le conflit angolais devient l’un des théâtres majeurs de la guerre froide en Afrique. Le MPLA, au pouvoir à Luanda, bénéficie du soutien de l’Union soviétique et de Cuba, tandis que l’UNITA reçoit l’appui de puissances occidentales, notamment les États-Unis, ainsi que du régime d’apartheid sud-africain.
Dans ce contexte de polarisation idéologique, Jonas Savimbi s’impose comme un chef militaire charismatique, mais aussi controversé. Pour ses partisans, il incarne la résistance au monopole du pouvoir du MPLA ; pour ses détracteurs, il porte la responsabilité de la prolongation d’un conflit meurtrier ayant causé des centaines de milliers de morts et déplacé des millions de civils.
Isolement et chute
À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la donne internationale change. L’effondrement du bloc soviétique et la fin progressive de l’apartheid en Afrique du Sud modifient les équilibres géopolitiques. L’UNITA perd progressivement le soutien militaire déterminant de ses alliés extérieurs.
Malgré des tentatives de règlement politique et des accords de paix fragiles, les combats reprennent à plusieurs reprises. En février 2002, Jonas Savimbi est localisé puis abattu par l’armée angolaise. Sa mort affaiblit considérablement l’UNITA, qui accepte peu après un cessez-le-feu avec le gouvernement.
Une figure historique
Vingt-quatre ans après les faits, Jonas Savimbi demeure une figure profondément clivante du nationalisme africain. Acteur central d’un conflit inscrit dans la logique globale de la guerre froide, il symbolise à la fois la lutte pour le pouvoir en Angola et les ingérences internationales qui ont façonné le destin du pays.
Son assassinat, le 22 février 2002, marque la fin d’une ère et reste un moment clé de l’histoire politique angolaise et africaine.
Avec Issa Amadu
Avec sa disparition, c’est l’un des principaux protagonistes de la longue guerre civile angolaise qui s’éteint, ouvrant la voie à la signature d’un cessez-le-feu quelques semaines plus tard et à la fin officielle d’un conflit ayant duré près de trois décennies.
Né en 1934, Jonas Savimbi se distingue d’abord par un parcours académique solide. Il poursuit des études en Europe et obtient un doctorat en sciences politiques à Lausanne, en Suisse. Il bénéficie également d’une formation politique et militaire en Chine, à l’époque de Mao Zedong, dans un contexte de luttes anticoloniales marquées par les rivalités idéologiques de la guerre froide.
En 1966, il fonde l’UNITA, mouvement nationaliste engagé dans la lutte contre la domination coloniale portugaise. À l’indépendance de l’Angola en 1975, le pays bascule rapidement dans une guerre civile opposant l’UNITA au MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), dirigé à l’époque par Agostinho Neto.
Une guerre au cœur de la guerre froide
Le conflit angolais devient l’un des théâtres majeurs de la guerre froide en Afrique. Le MPLA, au pouvoir à Luanda, bénéficie du soutien de l’Union soviétique et de Cuba, tandis que l’UNITA reçoit l’appui de puissances occidentales, notamment les États-Unis, ainsi que du régime d’apartheid sud-africain.
Dans ce contexte de polarisation idéologique, Jonas Savimbi s’impose comme un chef militaire charismatique, mais aussi controversé. Pour ses partisans, il incarne la résistance au monopole du pouvoir du MPLA ; pour ses détracteurs, il porte la responsabilité de la prolongation d’un conflit meurtrier ayant causé des centaines de milliers de morts et déplacé des millions de civils.
Isolement et chute
À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la donne internationale change. L’effondrement du bloc soviétique et la fin progressive de l’apartheid en Afrique du Sud modifient les équilibres géopolitiques. L’UNITA perd progressivement le soutien militaire déterminant de ses alliés extérieurs.
Malgré des tentatives de règlement politique et des accords de paix fragiles, les combats reprennent à plusieurs reprises. En février 2002, Jonas Savimbi est localisé puis abattu par l’armée angolaise. Sa mort affaiblit considérablement l’UNITA, qui accepte peu après un cessez-le-feu avec le gouvernement.
Une figure historique
Vingt-quatre ans après les faits, Jonas Savimbi demeure une figure profondément clivante du nationalisme africain. Acteur central d’un conflit inscrit dans la logique globale de la guerre froide, il symbolise à la fois la lutte pour le pouvoir en Angola et les ingérences internationales qui ont façonné le destin du pays.
Son assassinat, le 22 février 2002, marque la fin d’une ère et reste un moment clé de l’histoire politique angolaise et africaine.
Avec Issa Amadu