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Contribution : Pour mieux comprendre les enjeux du Ministère de l’Emploi, de l’I.P.I.M.O (Makama Ibrahima Diakhaté)

Lundi 11 Septembre 2017

L’érection d’un ministère de l’emploi, de l’insertion professionnelle et de l’intensification de la main d’œuvre a suscité moult interrogations. Si pour certains ce n’est qu’un strapontin ministériel, pour d’autres, c’est un portefeuille contenant un …colis piégé (!!?) qui a été remis à Monsieur Abdoulaye Diop. Toutefois, certaines réactions ne semblent pas cadrer avec la réalité si l’on s’y penche de très près. Et comme il aimait le dire lui-même : « il faut savoir lire dans la tête du chef ». Et lire dans la tête du chef, c’est justement aller à la rencontre de la pensée qui a secrété ce ministère et essayer d’en décrypter les principales orientations et attentes. En attendant la clé de répartition des directions et le cahier de charge, décryptage !

          Personne ne saurait mieux jeter de la lumière sur la réalité recouverte par ce département plus que le chef du gouvernement qui expose lui-même en ces termes les attentes : «... une inclinaison toute particulière autour des attentes et des grandes espérances de sénégalais. Ces espérances sont des attentes en matière d’emplois (…) le gouvernement devrait faire davantage en matière de créations d’emplois, de promotion de l’emploi grâce au secteur productif.» cette déclaration du 1er ministre lève un coin du voile sur les chantiers qui attendent le Maire de Sédhiou. Le reste …, c’est au tout nouveau ministre de le décliner en objectifs opérationnels réalisables dans le cours, moyen et long terme, aux fins de répondre efficacement face à la demande pressante de l’emploi.   

         La question de l’emploi, justement, est une problématique posée à tous les régimes, à tous les gouvernants, à tous les pays. C’est une lancinante question, j’allais dire une sorte d’épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de tout gouvernant dans la mesure où chaque individu, quels que soient son niveau d’étude, son sexe ou son appartenance social, aspire à un travail rémunérateur pour assurer sa survie et s’affirmer socialement. C’est pour ces mobiles que l’ancien 1er ministre français, Lionel Jospin disait à ce propos « trouver sa place dans la société, c’est d’avoir un emploi ».   Et la problématique de l’emploi est d’une complexité extrême en ce sens où, chaque année, des milliers d’individus arrivent sur le marché de l’emploi et aspirent tous à être employés quelque part. Si tel est le cas, dire que ce ministère est un … machin, comme c’est le cas dans les réseaux sociaux et surtout de la part d’un ami philosophe (ce qui m’a surtout poussé à plonger ma plume dans l’encre), c’est ignorer – ou feindre d’ignorer – les principaux enjeux de développement que pose la question de l’emploi. 

         En bon manager, l’ex-directeur du COSEC, aura, à coup sûr, une imagination fertile qui lui permettra de rentabiliser en termes de possibilités de créations d’emplois le bouillonnement  économique que vit le Sénégal en ce moment même. C’est ce que semble écrire fort justement Alfed Sauvey quand il écrit : « en période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale  du plein emploi ». Par souplesse, il faudra comprendre une sorte de liaison glissière comme le coude ou le genou jouant le rôle médian entre recruteurs et chercheurs d’emplois, en créant les conditions d’offre et de disponibilité. Ce ministère va alors jouer, entre autres rôles, celui de sorte de courroie de transmission entre les entreprises et les chercheurs d’emploi. De ce point de vue, il faudra trouver une alchimie pour asseoir une meilleure combinaison entre le dynamisme économique que vit notre pays et la disponibilité en quantité des emplois. Si la mobilité économique est une condition sine qua none pour secréter de l’emploi, on peut dire que la caution est déjà là, il s’agit juste de créer les conditions de la disponibilité de l’emploi. Conditions de création d’emplois, dans la mesure où, on le sait, « ce n’est pas le rôle d’un Etats de créer lui-même des emplois », comme le fait remarquer  l’homme politique français Nicolas BAY. Ce constat pourrait surprendre et l’on serait tenté de d’objecter : « un ministère de l’emploi, à quoi cela sert alors ?! » Ce qu’il faudra comprendre, c’est qu’un Etat, en dehors des recrutements de la fonction publique, a un rôle de créateur d’environnement favorable des affaires, d’encouragement à l’investissement, de stimulateur pour imaginer des projets et de programmes, mais aussi et surtout d’incitation à l’entreprenariat.  C’est certainement pour cette raison que le ler Ministre français Phillip Couillard a tenu quelque part à repréciser en mieux le doigt sur la nuance : « l’Etat ne crée pas directement des emplois, il crée un environnement, un terreau » fertile pour que les entreprises naissent et/ou créent des emplois. L’Etat doit donc adopter une posture de déblayeur pour les entrepreneurs.

          Ce qui est remarquable dès lors, c’est que le ministre Abdoulaye Diop et son équipe n’auront donc pas la tâche d’inventer la roue – elle existe déjà !  Les chiffres sont là : 234.960 emplois déjà créés en 2016 (sur les 500.000 promis par le Président), 13% de taux de chômage au moment où la France affiche 9,8 et les Etats unis 5,1. Par conséquent, en prenant pivot sur ce que le gouvernement a déjà fait en termes de création d’emplois et conditions de création d’emploi, le Ministre de l’emploi doit trouver une alchimie pour mettre sur pied un répertoire des métiers, des entreprises, des grands chantiers de l’Etat qui sont des gisements d’emploi encore très peu explorés tout en imposant à certaines (les entreprises) des quotas de recrutements annuels. Pour ce faire, il faudra adopter le rôle de « réducteur  d’incertitudes » (du moment que la théorie risque zéro n’existe pas !).  En d’autres termes, il faudra un département dans un "État intelligent", en ce sens où il anticipe sur les évènements et non les subir. Il aura donc une mission de veille, d’évaluation et de prospective. Une certaine « intelligence » de  l’État doit aussi inciter et organiser au maximum des initiatives privées, mettant en place une sorte de connexion entre elles. Il doit porter une oreille toute particulière en direction de projets stratégiques et porteurs d’emplois. C’est pourquoi d’ailleurs, Benjamin Griveaux secrétaire d’Etat français à l’économie « pense que le rôle de l’État est d’investir intelligemment ». Investir intelligemment suppose investir sur des secteurs porteurs de croissance. Les grands chantiers initiés par l’Etat doivent y prendre une place prépondérante.  

         Pour cette raison, en intégrant les stratégies de HIMO (comprenez Haute intensité de Main d’Œuvre), ce ministère peut booster la création d’emplois dans la mesure où il sera question de jouer sur les salaires et la qualité pour permettre un maximum d’employés. Les méthodes HIMO appliquées dans le secteur du bâtiment, des infrastructures, l’équipement, l’agriculture, bref, dans les grands chantiers de l’Etat peuvent apporter des chiffres records. Les HIMO permettent la floraison de jeunes entrepreneurs.

        Au plan de la production agricole, des leviers peuvent être activés au niveau du PRODAC (qui a déjà créé 11090 emplois) en scrutant toute la chaine de valeur de la fourche à la fourchette. A ce titre, les chaines de pré-productions comme l’approvisionnement et postproductions comme l’écoulement peuvent être recensées, répertoriées et traduites en métiers durables « codifiés ». Avec le PRODAC, les jeunes qui sont en incubation sont en immersion en vue de heurter leur conscience pour qu’ils réalisent que c’est possible. Une fois la prise de conscience faite et la formation bien assise, ils pourront devenir des entrepreneurs agricoles et passer ainsi, de la posture de chercheur d’emploi à créateur d’emplois.

          Au demeurant, reprenant les termes de Roland Topor, nous pourrions alors dire que M. Abdoulaye DIOP est nommé ministre pour faire « le treizième travail d’Hercule : trouver un emploi »

M. Makama Ibrahima Diakhaté

Coordination des cadres de l'Apr de Sédhiou

Diakhatemakama@yahoo.com



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